Fusillade à Nice : trois suspects mis en examen et écroués
Nice : trois suspects mis en examen après la fusillade

Le tireur est arrivé en trottinette électrique, en plein milieu de l’après-midi. Une semaine après la fusillade mortelle du quartier des Moulins à Nice, où deux hommes « totalement étrangers au trafic de stupéfiants » ont été tués et six autres blessés, trois personnes ont été mises en examen et placées en détention provisoire, a annoncé le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, ce lundi, lors d’une conférence de presse commune avec le procureur de Nice, Damien Martinelli. Quatre personnes avaient auparavant été placées en garde à vue.

Les suspects, parmi lesquels le tireur présumé, ont été interpellés deux jours après les faits, repérés dans deux appartements à Nice. Un véhicule volé à Marseille a également été retrouvé par les enquêteurs, chargé de jerricans d’essence. De quoi supposer qu’un second « projet criminel se préparait » sur le même mode opératoire, explique le commissaire-divisionnaire Eric Antonetti, chef du service interdépartemental de la police judiciaire (SIPJ) de Nice.

Une logisticienne et un convoyeur présumés

Une cinquantaine d’enquêteurs ont été mobilisés pour retrouver la trace de ce tueur décrit comme « particulièrement calme » par les témoins de la fusillade, indique Nicolas Bessone. Il avait fui les lieux en trottinette avant de monter à bord d’une voiture, volée dans le 15e arrondissement de Marseille la veille des faits et retrouvée incendiée à Roquefort-les-Pins, dans les Alpes-Maritimes.

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Le tireur présumé, un homme âgé de 30 ans connu de la justice, nie les faits. Toutefois, le bornage de son téléphone le place sur les lieux de la fusillade et de l’incendie de l’automobile. Les autres suspects mis en examen sont une femme de 26 ans, soupçonnée d’être la logisticienne, et un homme de 19 ans, qui aurait convoyé les voitures depuis la cité phocéenne. La femme soupçonnée assure avoir été contrainte d’héberger le tireur présumé pour éponger une dette liée à sa consommation de cocaïne. Quant au convoyeur présumé, il assure qu'il ignorait ce à quoi étaient destinés les véhicules.

Influences marseillaises

Pour les autorités, le mobile d’une fusillade liée au narcotrafic et d'une guerre de territoire est clair. « On observe une montée des tensions à Nice entre deux équipes de trafiquants : celle des quartiers Est de la ville et celle du quartier des Moulins », détaille Eric Antonetti. Des réseaux niçois qui interagissent « clairement » avec les réseaux de narcotrafiquants marseillais, rapportent les magistrats, précisant qu'ils sont aussi influencés par la région parisienne.

Le quartier des Moulins a déjà été le théâtre de plusieurs fusillades ces derniers mois, dont une en octobre où deux hommes, eux aussi étrangers au trafic de stupéfiants, avaient été abattus. En 2025, 600 gardes à vue liées à ce quartier situé à l’ouest de Nice ont été recensées, explique Damien Martinelli, procureur de Nice. « Cette année, au 15 avril, plus de 200 gardes à vue, 103 déferrements et 47 incarcérations ont été menés », note le magistrat, qui rappelle le démantèlement d’un point de deal majeur en mars dernier.

Hyperviolence

Sur les douze points de vente existant en 2023, deux sont encore actifs. « Il est impératif de supprimer ces points de deal qui sont les points de fixation de cette hyperviolence », appuie le magistrat, déplorant la mort de « onze victimes innocentes » ces derniers mois dans le quartier. Lundi dernier, six autres hommes ont été blessés. Si leurs jours ne sont plus en danger, l'un reste très sérieusement touché au niveau des jambes.

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