Youssouf Ndayishimiye, international burundais de 27 ans, a traversé la période la plus sombre de sa carrière entre avril 2025 et l'été 2026. Victime d'une grave blessure au genou en avril 2025, il a vu un transfert avorté, puis n'a été titularisé qu'une seule fois en 2026 sous Claude Puel. Dans un entretien accordé à Nice-Matin, le défenseur central se confie sans détour sur cette épreuve, avouant avoir frôlé la dépression.
Une mise à l'écart incomprise
Sa seule titularisation la saison passée a eu lieu face au PSG, au milieu de terrain, s'achevant sur un carton rouge. Ndayishimiye reconnaît qu'il n'était pas prêt physiquement : « Je savais que je n'étais pas prêt pour commencer un match. J'ai répété au coach toute la semaine, il me disait : "Ne t'inquiète pas, fais comme à l'entraînement". » Il précise : « Je n'avais pas de douleur mais je n'avais pas retrouvé mes appuis. » Le carton rouge l'a privé de plusieurs rencontres, et il n'a plus été convoqué ensuite, sans explication : « C'était vraiment dur de ne plus être convoqué. Je sentais que je pouvais aider l'équipe, c'était fou de me laisser à l'écart sans me donner de raison ! »
Interrogé sur une éventuelle perte de confiance de Claude Puel après cette expulsion, Ndayishimiye reste mesuré : « Je ne pense pas que ce soit la raison. Mais toute vérité n'est pas toujours bonne à dire. Certaines choses se sont passées, les divergences entre les hommes existent. Je regrette juste le manque de communication, de considération. »
Une convalescence marquée par la dépression
Le joueur avoue que cette mise à l'écart a été plus difficile à vivre que la blessure elle-même : « Être privé de jeu par son coach, c'est pire que la blessure. » Il explique avoir frôlé la dépression : « Après trois mois de convalescence, j'ai fait n'importe quoi et je n'écoutais personne. » Il décrit une période de doute profond : « Je me demandais ce que j'avais fait de mal pour mériter ça au moment où j'allais toucher du doigt ce que je voulais faire dans ma vie. J'étais perdu, j'ai fait n'importe quoi. »
Ses parents ont joué un rôle clé. Sa mère lui a dit : « Ne pense pas au mal. Il faut juste remercier Dieu parce que là où tu es aujourd'hui, personne ne pensait que ça arriverait. Aujourd'hui, on vit bien, on est respecté dans notre pays grâce à ce que tu fais. Il ne faut pas sous-estimer là où tu es aujourd'hui et accepter les épreuves. » Malgré cela, il confie : « Mon rêve, je ne peux pas le cacher, c'est de jouer en Premier League. Je me suis dit que c'était fini pour moi. Aujourd'hui j'ai accepté, je remercie Dieu parce que je suis content d'être ici. »
Un joueur transformé, prêt à revenir plus fort
Ndayishimiye estime avoir changé, tant sur le plan personnel que professionnel : « Je pense, dans le foot comme en dehors. Il y a des choses auxquelles je ne donnais pas assez de valeur. » Il raconte avoir craqué au huitième mois de convalescence, avant d'être soutenu par Dante, surnommé « Paï » : « Il m'a dit que je ne pouvais pas planifier le lendemain, juste me réveiller et sentir une différence. »
Désormais, il est attentif aux détails : « Comment tu manges, comment tu dors… J'ai connu le professionnalisme trop tard. En Turquie, il n'y avait pas ça. C'est à Nice que j'ai découvert le professionnalisme. » Pour la saison à venir, il affiche ses ambitions : « Revenir plus fort qu'avant ma blessure, je suis sûr que c'est possible. » Il conclut : « Dans ma tête, c'était : "En vrai c'est moi le meilleur". C'est comme ça que je pense et mes coéquipiers le savent. »



