Nigel Farage, chef du parti populiste britannique Reform UK, a été réélu vendredi député de la circonscription de Clacton, dans l'Essex, avec 63,3 % des voix, lors d'une élection partielle qu'il avait lui-même provoquée. Ce scrutin, marqué par une participation en baisse, ne met pas fin aux enquêtes sur ses finances, qui pourraient conduire à sa suspension.
Une victoire moins large que prévu
Farage a obtenu 22 239 voix, devançant son principal rival, Count Binface, personnage satirique créé par l'humoriste Jonathan Harvey, qui a recueilli 9 455 voix. Selon The Guardian, il s'agit du meilleur score jamais réalisé par ce candidat fantaisiste. Le scrutin, ignoré par les principaux partis, a attiré 34 candidats, dont vingt indépendants et trois représentants du parti Monster Raving Loony.
Un sondage Survation publié en début de semaine prévoyait pour Farage environ 75 % des intentions de vote contre 20 % pour Count Binface. Le résultat final s'est révélé moins retentissant, avec 63,3 % des voix pour Farage. La participation a nettement reculé : un peu plus de 44 % des électeurs se sont rendus aux urnes, soit une baisse de 14 points par rapport aux législatives de 2024, selon des données citées par le Daily Telegraph.
Des enquêtes financières en cours
Cette victoire électorale ne devrait pas mettre fin aux interrogations sur les finances de Nigel Farage et de son parti. Une enquête officielle de l'organisme de surveillance des normes parlementaires sur le don de cinq millions de livres devait reprendre dès vendredi. La police métropolitaine a par ailleurs ouvert une enquête sur les dons versés au parti Reform UK, et des questions ont émergé sur les liens de Farage avec George Cottrell, un homme condamné pour fraude.
Selon le New York Times, ces investigations pourraient s'étaler sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Si elles concluaient à un manquement de Nigel Farage aux règles en vigueur, celui-ci pourrait être suspendu de ses fonctions, ce qui entraînerait probablement une nouvelle élection partielle, à laquelle les partis traditionnels ont déjà annoncé qu'ils participeraient.
Une pression politique accrue
La ministre des Femmes et de l'Égalité, Bridget Phillipson, a estimé sur Sky News qu'il n'y avait désormais plus d'échappatoire pour Farage, qui doit rendre des comptes au public. Farage avait démissionné le mois dernier de son mandat de député de Clacton après avoir omis de rendre public un don en sa faveur de cinq millions de livres. Il avait provoqué cette élection partielle pour réaffirmer sa légitimité, mais les enquêtes en cours pourraient compromettre sa position.



