Espagne : la centrale nucléaire d'Almaraz prolongée jusqu'en 2030
Espagne : Almaraz prolongée jusqu'en 2030

Le gouvernement espagnol a publié, vendredi 14 août, un décret au Journal officiel autorisant la prolongation de l'exploitation de la centrale nucléaire d'Almaraz, la plus grande du pays, jusqu'en 2030. Cette décision, annoncée dans un contexte de crise énergétique liée à la guerre en Ukraine, doit permettre de garantir l'approvisionnement électrique de l'Espagne.

Une prolongation de deux ans pour la centrale d'Almaraz

La centrale d'Almaraz, située dans la région d'Estrémadure, dans l'ouest du pays, devait initialement cesser son activité en 2027. Avec ce décret, sa durée d'exploitation est prolongée jusqu'en 2030, soit une extension de trois ans. Le texte précise que cette prolongation est conditionnée à l'avis favorable du Conseil de sécurité nucléaire (CSN), l'autorité de sûreté espagnole.

Le gouvernement justifie cette mesure par la nécessité de "garantir la sécurité d'approvisionnement électrique" dans un contexte de tensions sur les marchés de l'énergie. La centrale d'Almaraz, qui dispose de deux réacteurs, contribue à hauteur d'environ 7 % de la production électrique du pays, selon les données officielles.

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Un calendrier de démantèlement révisé

Cette prolongation modifie le calendrier de démantèlement prévu par le plan de transition énergétique espagnol. Initialement, le gouvernement avait prévu la fermeture progressive des cinq centrales nucléaires du pays entre 2027 et 2035. Avec cette décision, Almaraz fonctionnera jusqu'en 2030, tandis que les autres centrales suivront leur calendrier initial.

Le décret précise que le Conseil de sécurité nucléaire devra rendre un avis contraignant sur les conditions de sûreté de la prolongation. L'entreprise exploitante, Iberdrola, devra également fournir un plan de gestion des déchets radioactifs pour cette période supplémentaire.

Une décision contestée par les écologistes

Cette prolongation suscite des critiques de la part des associations écologistes, qui dénoncent une décision "contraire aux engagements climatiques" de l'Espagne. Elles rappellent que le pays s'est fixé pour objectif d'atteindre 100 % d'énergies renouvelables dans son mix électrique d'ici 2050.

Le gouvernement espagnol, de son côté, insiste sur le caractère "temporaire et exceptionnel" de cette mesure. Selon le ministère de la Transition écologique, elle permettra de "faciliter la transition vers un système énergétique plus durable" tout en évitant des coupures d'électricité en cas de pic de consommation.

La décision intervient alors que l'Union européenne encourage ses États membres à réduire leur dépendance aux énergies fossiles russes. L'Espagne, qui importe une partie de son gaz naturel, cherche à diversifier ses sources d'énergie. Le nucléaire représente actuellement environ 20 % de la production électrique du pays.

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