Les caravanes des gens du voyage ont finalement quitté l'aire de grand passage de Mèze, dans l'Hérault, le samedi 7 août, après environ un mois de stationnement, sous la menace d'une intervention de la force publique. Le maire, qui avait dénoncé le manque de soutien de l'État, a obtenu des garanties pour éviter une récidive et annonce une mesure radicale si ces engagements ne sont pas tenus.
Un mois d'occupation illégale et un ras-le-bol du maire
Il y a une semaine, le maire de Mèze exprimait son « ras-le-bol face au désengagement total de l'État » alors que des caravanes d'une communauté de gens du voyage s'étaient installées sur l'aire de grand passage de la commune, bien au-delà des deux semaines réglementaires. Les caravanes ont stationné jusqu'à un mois sur le site, en dépit des demandes répétées de la ville de quitter les lieux, essuyant un nouveau refus le 1er août dernier.
Le maire avait alors pointé la préfecture, qui n'avait selon lui pas répondu à ses demandes d'intervention de la force publique pour les déloger. Cette situation a provoqué la colère des habitants, des agriculteurs et des viticulteurs de la commune, qui se sentaient pris en otage.
Le départ sous la menace et les garanties obtenues
Samedi 7 août, sa demande a finalement été suivie des faits. Le maire s'en est fait l'écho sur sa page Facebook : « Après près d'un mois de présence, l'aire de grand passage de Mèze est enfin libre, écrit-il ce samedi. Devant la menace d'une intervention de la force publique, les gens du voyage ont finalement quitté les lieux ce samedi matin. Après des échanges parfois tendus, j'ai obtenu des représentants de l'État des garanties afin que cette mauvaise expérience ne se renouvelle plus. »
La Ville annonce déposer plainte lundi « à l'encontre du groupe pour les faits constatés et le non-respect des règles d'hygiène et de salubrité ». Cette plainte vise à faire constater les infractions et à obtenir réparation pour les dégradations éventuelles.
Mesure radicale : la fermeture de l'aire en cas de récidive
Et le maire d'annoncer la possibilité d'une mesure radicale : « Si ces engagements ne sont pas respectés à l'avenir, je prendrai la décision de fermer l'aire de grand passage de Mèze. […] Je resterai particulièrement vigilant sur le respect des engagements pris. La commune de Mèze doit être respectée, tout comme ses habitants, ses agriculteurs et ses viticulteurs. »
Cette menace de fermeture est une première dans la région et pourrait faire des émules dans d'autres communes confrontées aux mêmes difficultés. Le maire de Mèze, qui a reçu le soutien de nombreux élus locaux, espère que cette fermeture dissuadera les communautés de s'installer en dehors des règles.
Un problème récurrent dans l'Hérault
L'Hérault est l'un des départements les plus concernés par les stationnements illégaux de gens du voyage. Selon la préfecture, on recense en moyenne une vingtaine de campements illicites par an, avec des pointes en été. Les maires se plaignent souvent du manque de moyens pour faire appliquer la loi, et certains n'hésitent plus à prendre des mesures radicales, comme la fermeture des aires d'accueil.
La décision du maire de Mèze intervient dans un contexte où l'État a récemment renforcé les sanctions contre les occupations illégales, mais où les procédures d'expulsion restent longues et complexes. Les associations de défense des gens du voyage dénoncent, de leur côté, un manque de solutions d'hébergement adaptées, qui pousse certaines familles à s'installer en dehors des aires prévues.
En attendant, la commune de Mèze reste vigilante et espère que les garanties obtenues seront respectées. Le maire a promis de suivre de près la situation et de rendre compte à ses administrés de l'évolution du dossier.



