L'avocat parisien Me Mourad Battikh, désormais conseil de Maëva et Prescyllia, deux demi-sœurs accusant le père de Jérôme Barella de violences sexuelles, a demandé ce lundi 15 juin la réouverture de deux enquêtes classées au tribunal judiciaire de Béziers. Ces procédures visent un homme qui vivait jusqu'à récemment à Vias-Plage et qui conteste les faits.
Des plaintes déposées en 2013 et 2018
Les deux jeunes femmes avaient déposé plainte en 2013 et 2018 pour des faits subis à l'âge de 9 et 10 ans. L'une des enquêtes, confiée à un juge d'instruction, a abouti à un non-lieu après plusieurs années. L'avocat de la partie civile avait fait appel avant de se désister. L'autre enquête, menée par le parquet, a été classée sans suite jusqu'à l'annonce de sa réouverture par le procureur de Béziers, Arnaud Faugère, le mercredi 10 juin.
Me Battikh souligne que ces deux femmes ont vécu une décennie avec le sentiment de ne pas avoir été entendues ni crues. Il estime que l'institution judiciaire leur doit un nouvel examen et des excuses. Il insiste sur le fait que leur parole se rejoint aujourd'hui et s'éclaire mutuellement.
Un contexte tragique
Cette demande intervient après la mort de Lyhanna, tuée par un homme qui avait fait l'objet de plusieurs dénonciations pour son comportement envers les très jeunes filles. L'affaire a mis en lumière les lenteurs et les lacunes de la justice, notamment sa faible réactivité et son incapacité à effectuer des recoupements en temps utile. Me Battikh déclare que la question dépasse le seul cas de ses clientes : combien de paroles d'enfants doivent être classées trop vite avant que l'une d'elles soit enfin écoutée à temps ?
Les deux jeunes femmes, âgées aujourd'hui d'une vingtaine d'années, maintiennent leurs accusations contre le septuagénaire. Le procureur de Béziers a annoncé la relance de l'une des enquêtes, mais Me Battikh demande une réouverture complète des deux procédures.



