Un deuxième rapport d'expertise, commandé par la famille de Lyhanna Delais, une fillette de 2 ans décédée en 2021, pointe des « délais manifestement excessifs » et un « manque de moyens » dans l'enquête judiciaire. Selon ce document, consulté par Le Monde, plusieurs négligences auraient entravé les investigations.
Des délais jugés inacceptables
Le rapport, remis en juillet 2026, estime que les délais d'enquête ont été « anormalement longs », avec des périodes d'inactivité de plusieurs mois. Les experts notent que l'autopsie n'a été réalisée que six mois après le décès, ce qui a pu compromettre la recherche de preuves. « Ces retards sont manifestement excessifs et ont nui à la manifestation de la vérité », indique le document.
Un manque de moyens humains et techniques
Les experts pointent également un « manque de moyens » des services d'enquête, notamment en termes d'effectifs et d'équipements. Ils relèvent que seulement deux enquêteurs étaient affectés à ce dossier pendant les premiers mois, alors que les investigations nécessitaient une équipe plus étoffée. « Les carences en personnel et en ressources techniques ont considérablement ralenti les progrès », précise le rapport.
Selon une source proche du dossier, « ce deuxième rapport confirme les inquiétudes de la famille sur la qualité de l'enquête. Il met en lumière des dysfonctionnements systémiques qui ont empêché d'établir les circonstances exactes du décès ».
Des négligences dans le traitement des indices
Le rapport relève aussi des négligences dans le traitement des indices. Par exemple, des vêtements de l'enfant n'ont été analysés que 14 mois après les faits, et des relevés de scène de crime ont été effectués tardivement. Ces manquements ont pu conduire à la perte d'éléments cruciaux, selon les experts.
La famille demande des comptes
La famille de Lyhanna Delais, qui avait déjà commandé un premier rapport en 2023, réclame des comptes à la justice. « Nous espérons que ce nouveau rapport permettra de relancer l'enquête et d'identifier les responsables », a déclaré leur avocate, Me Sophie B. « Il est inadmissible que des délais et des moyens insuffisants aient entravé la recherche de la vérité ».
Le parquet, contacté par Le Monde, n'a pas souhaité commenter ces conclusions, indiquant que l'enquête était toujours en cours. Une source judiciaire a toutefois reconnu que « des efforts doivent être faits pour améliorer le traitement des affaires sensibles ».
Ce deuxième rapport intervient alors que la famille a engagé une procédure pour dénoncer les lenteurs de l'enquête. L'affaire avait suscité une vive émotion en 2021, après le décès de la fillette dans des circonstances non élucidées.



