Malgré un arrêté préfectoral interdisant toute manifestation, jusqu'à 6 300 personnes ont défilé ce samedi à Montpellier, selon un bilan provisoire de la préfecture. Le cortège a bravé l'interdiction en se rassemblant sur la place de la Comédie, où des affrontements ont éclaté en début de soirée. Huit personnes ont été interpellées et deux membres des forces de l'ordre, des CRS, ont été blessés.
Une mobilisation massive malgré l'interdiction préfectorale
Le mouvement, lancé le 17 octobre contre la vie chère et en soutien aux lycéens, a connu son acte II ce samedi. Dès 13 heures, un peu plus d'un millier de participants, essentiellement des étudiants, ont pris la direction du centre-ville depuis la faculté des sciences occupée. Parmi eux, Fany, enseignante de passage à Montpellier, explique sa présence : "Je suis là d'abord parce que c'est interdit. Et puis pour soutenir notre jeunesse, pour avoir plus de moyens dans les établissements et qu'on arrête de grignoter les services publics."
Le cortège s'est heurté une première fois à un cordon de policiers positionnés à hauteur du stade Philippidès. Il a rebroussé chemin et a rejoint l'avenue du professeur Grasset, où un second défilé parti d'Albert-1er les a rejoints. Les manifestants étaient alors près de 4 000. Des frictions ont été observées à Albert-1er et rue de l'Université, où les forces de l'ordre protégeaient le périmètre interdit.
Des affrontements sur la Comédie et un bilan provisoire
Alors que la destination d'Odysseum était évoquée, des groupes se sont faufilés dans des ruelles non gardées et ont convergé sur la place de la Comédie, pourtant intégrée dans les lieux non autorisés. Une ambiance joyeuse et festive s'y est développée, mais des affrontements ont éclaté à partir de 16 heures, sur la place et dans ses abords. Selon la préfecture, huit personnes ont été interpellées pendant ces heurts, et deux CRS ont été blessées.
La préfecture précise qu'aucune dégradation spécifique n'a été signalée lors de cette manifestation. "Les commerces protégés par les forces de sécurité intérieure n'ont subi aucun dommage", indique-t-elle.
Un appel à manifester lancé sur les réseaux sociaux
Le seul cortège déclaré en préfecture ayant été interdit, un appel à manifester a été lancé sur les réseaux sociaux depuis la faculté des sciences occupée. Les manifestants, parmi lesquels Charles, paysan itinérant, justifient leur action : "La colère est légitime. Je viens soutenir le mouvement, faire entendre qu'on n'a pas suffisamment d'écoute. On a eu des conventions citoyennes, des pétitions, des demandes de référendum qui n'ont pas été entendues. Manifester c'est notre dernier moyen de s'exprimer."
Clara, jeune salariée, brandit une pancarte : "Quand manifester n'est plus un droit, c'est un devoir." Elle ajoute : "Je ne suis pas quelqu'un qui manifeste habituellement. Mais on est dans un contexte où il n'y a plus d'écoute, que ce soit avec les conventions citoyennes, la loi Duplomb."