Angie Jahannault, Frontignanaise passionnée des États-Unis, a créé l'école Angie & Co Just Line Dance à Frontignan. Depuis plus de vingt ans, elle transmet son amour de la danse country, une discipline qu'elle décrit comme « fédératrice, conviviale et qui porte une énergie collective folle ».
D'un rêve américain à la danse country
Enfant, Angie Jahannault était « biberonnée aux westerns ». Elle ne se lassait pas de regarder les films et séries mettant en scène les héros du Far West, les cow-boys, les chevaux en liberté et des horizons où le regard se perd. Ces images ont fait éclore un rêve : « Je rêvais d'avoir plus tard ma ferme, mon élevage et de faire le tour de mes terres à cheval. Quand j'en parlais, mes parents me disaient que c'était bon de rêver », se souvient-elle.
Elle envisage d'abord des études agricoles, puis le grand saut vers l'Amérique. Mais son goût du dessin la conduit vers l'architecture. À défaut de ferme, elle dessinera des maisons et des immeubles pour les autres… aux États-Unis. Le destin s'en mêle, plutôt l'amour. « J'étais dans l'urgence de gagner ma vie. Je suis allée là où il y avait du travail, en l'occurrence dans le milieu hospitalier », raconte Angie. Elle y restera, occupant différents postes au fil des décennies.
Un coup de foudre dansé dans les années 1990
Pour s'évader, elle chante dans des groupes de musique. C'est par la chanson qu'elle tombe, dans les années 1990, « comme Obélix dans la marmite » sur la danse country. Son groupe se produit dans une salle de danse country de Berre-l'Étang, près de Marseille. Le responsable de la salle l'initie. Il suffit d'un cours pour que tout bascule.
« Ce qui m'a tout de suite séduite, c'est que la country est un mouvement fédérateur, convivial et qui porte une énergie collective folle. C'est aussi une locomotive de bonne humeur. Tu arrives fatiguée, tu repars en pleine forme. Cette danse s'est imposée à moi d'elle-même », confie-t-elle.
Elle enchaîne alors cours et stages dans toute la France, puis crée sa propre école. D'abord avec une collègue en 1998 pour la musique country, puis seule en 2002 pour la danse. Angie & Co Just Line Dance naît à Frontignan. « Au départ, j'ai ouvert cette école pour partager mon amour des États-Unis, de la musique et de la danse country. Si on m'avait dit que, plus de vingt ans après, je serais encore là et que c'était ma vocation, je ne l'aurais pas cru », avoue-t-elle.
Une école qui évolue et rassemble
Le bouche-à-oreille, les journées des associations, la fête de la musique et les animations autour de la country font le reste. Peu à peu, les élèves arrivent et la danse s'enracine dans le paysage frontignanais. « Il faut savoir évoluer. C'est comme dans la vie : si tu ne le fais pas, tu régresses », souligne Angie.
Elle enseigne la danse en ligne, qui n'exige aucun partenaire et attire ainsi celles et ceux qui n'osaient pas pousser la porte. Ce choix permet de réunir des personnes très différentes, qui peuvent danser ensemble sur la piste et au même rythme. « C'est ça l'esprit country : être unis par un même mouvement, dans la fraternité, les retrouvailles et la bonne humeur. Si l'on danse pour soi, on danse aussi avec et pour les autres. Et ce que j'adore, c'est que les familles viennent la danser ensemble », explique-t-elle.
Aux différents styles country se sont ajoutés des cours sur des musiques irlandaises, latino, rock, blues, valse… toujours dansées en ligne. Mais son cœur reste fidèle à la country : « Cette musique m'accompagne partout, et mon cœur bat toujours plus vite dès que je l'entends. »
Si elle n'a pas vécu son rêve américain, Angie a fait venir l'Amérique à Frontignan et au-delà, en créant des clubs un peu partout. Elle a aussi entraîné dans son sillage son fils, Julien, d'abord danseur de country, puis créateur d'écoles à Paris. Désormais de retour au bercail, il prend peu à peu le relais de sa mère. Angie, elle, continue de donner des cours, d'organiser des soirées dansantes et d'autres animations, et de chanter. Elle interprétera notamment les tubes de Dolly Parton lors du prochain Téléthon à Frontignan.