Le parquet général de Kiev a changé de ton ce jeudi en communiquant de nouveaux éléments de son enquête sur le colis piégé qui a secoué Monaco le 29 juin 2026, sans critiquer la coopération monégasque. Cette main tendue intervient après la démission, le week-end dernier, du procureur en charge de l'affaire, Rouslan Kravtchenko, associé à un scandale de corruption. Les autorités monégasques, qui espèrent désormais « que l'enquête avancera de façon coordonnée », voient dans ce changement une opportunité pour apaiser des relations tendues durant l'été.
Un été marqué par des tensions entre Kiev et Monaco
Tout au long de l'été, la police et la justice monégasques ont été déconcertées, agacées, voire ulcérées par les méthodes du Parquet ukrainien. Le point culminant de ce cavalier seul ukrainien a été la publication le 17 juillet de la vidéo choc de l'explosion, filmée par la poseuse de bombe elle-même. Cette pièce maîtresse de l'enquête avait été diffusée sur Internet par Kiev sans être transmise au préalable à Monaco. Le 4 août, Kiev critiquait publiquement le manque de réactivité des autorités monégasques concernant le suivi de commissions rogatoires.
Selon plusieurs sources, les demandes des Ukrainiens manquaient cruellement de formalisme et ne parvenaient que rarement sur le bureau du bon interlocuteur. Un forcing permanent qu'une source judiciaire résumait à l'époque : « Dans cette histoire, c'est Monaco la victime ! Nous avons un objectif commun mais c'est à nous de faire des demandes ». Un autre maillon de la chaîne d'enquête pestait : « Leur communication à outrance fragilise l'enquête », lui-même en attente de documents cruciaux de la part des Ukrainiens.
Un changement de ton après le scandale de corruption
La démission de Rouslan Kravtchenko, procureur en charge de l'affaire, a été suivie d'un retour dans ses petits souliers du Parquet ukrainien. Celui-ci est revenu vers Monaco-Matin en insistant sur ses bonnes relations avec les autorités monégasques. Ce changement de ton fait suite à un scandale en son cœur : le nom de Kravtchenko a été associé à un scandale de corruption. Les autorités monégasques, bien trop polies pour s'en plaindre ouvertement dans la presse, n'avaient pas manqué d'être déconcertées par ses méthodes tout au long de l'été.
Un aplomb qui n'avait pas du tout fait sourire en Principauté. Les demandes tous azimuts des Ukrainiens manquaient de formalisme et ne parvenaient que rarement sur le bureau du bon interlocuteur. Cette situation a fragilisé la coopération entre les deux pays, alors que l'enquête sur le colis piégé nécessite une coordination étroite.
Des échanges de pièces en cours, Monaco attend des preuves
Contacté ce jeudi soir, le procureur de Monaco s'est refusé à commenter l'enquête à ce stade, mais confirme « des échanges de pièces », dont certaines « en cours d'exploitation à Monaco ». Monaco attend notamment depuis des semaines les preuves irréfutables que la femme abattue dans une forêt était bien la poseuse de bombe présumée de Monaco, Anastasiia Berezovska. « D'autres demandes d'échanges de pièces sont en cours, nous espérons désormais que l'enquête avancera de façon coordonnée », conclut sobrement le procureur.
Cette déclaration marque une étape importante dans la résolution de l'affaire. La coordination entre les autorités monégasques et ukrainiennes est essentielle pour faire avancer l'enquête sur le colis piégé du 29 juin 2026. Les prochaines semaines seront décisives pour déterminer si ce changement de ton se traduit par une coopération plus efficace et plus transparente, alors que les pièces à conviction continuent d'être échangées entre les deux pays.



