À La Rochelle, un collectif d'associations et des personnes sans domicile fixe se sont mobilisés ce samedi pour protester contre les arrêtés municipaux visant à interdire la mendicité dans le centre-ville. Ces mesures, prises par la municipalité, sont perçues comme une criminalisation de la pauvreté et une atteinte aux droits fondamentaux.
Une mobilisation citoyenne
Plusieurs dizaines de manifestants se sont rassemblés place de la Préfecture, brandissant des pancartes aux slogans tels que "Non à la chasse aux pauvres" ou "La mendicité n'est pas un délit". Parmi eux, des représentants d'associations caritatives, des bénévoles et des personnes concernées directement par ces arrêtés.
Marc, 45 ans, sans-abri depuis deux ans, témoigne : "On nous interdit de mendier, mais on ne nous propose aucune solution de logement ou de travail. C'est une double peine."
Des arrêtés contestés
La mairie de La Rochelle justifie ces arrêtés par la nécessité de préserver la tranquillité publique et de lutter contre les nuisances. Cependant, les associations dénoncent une mesure discriminatoire et inefficace. "Au lieu de réprimer, il faudrait investir dans des politiques sociales et d'hébergement d'urgence", estime Sophie Durand, présidente d'une association locale d'aide aux sans-abri.
Les manifestants appellent à un dialogue avec les élus locaux pour trouver des alternatives respectueuses des droits des plus démunis. Une pétition en ligne a déjà recueilli plus de 2 000 signatures.
Un phénomène national
Cette mobilisation s'inscrit dans un mouvement plus large en France, où plusieurs villes ont adopté des arrêtés similaires. Des associations nationales, comme la Fondation Abbé Pierre, ont dénoncé ces pratiques, rappelant que la mendicité n'est pas un délit en France.
La préfecture de la Charente-Maritime, de son côté, n'a pas encore réagi à cette contestation. Les organisateurs de la mobilisation prévoient de nouvelles actions si la mairie maintient ces arrêtés.



