À Montaquoi, dans l'Essonne, des variétés anciennes de blé sont de nouveau cultivées. Cette initiative, menée par un groupe d'agriculteurs locaux, vise à préserver la biodiversité agricole et à étudier la résistance de ces céréales face au changement climatique. Selon les porteurs du projet, ces variétés, autrefois délaissées au profit de cultivars modernes, pourraient offrir des solutions pour une agriculture plus durable.
Un retour aux sources pour la biodiversité
Le projet a débuté il y a trois ans, lorsque des agriculteurs de la région ont décidé de réhabiliter des semences anciennes. Ces blés, adaptés aux sols locaux, présentent une diversité génétique importante. Les agriculteurs espèrent ainsi enrichir le patrimoine agricole et répondre aux enjeux environnementaux. « Nous avons redécouvert des variétés qui avaient presque disparu », explique Jean-Pierre Martin, l'un des initiateurs du projet. « Leur culture nous permet de tester leur comportement face aux sécheresses et aux maladies. »
Un test grandeur nature face au climat
Sur une parcelle de deux hectares, les agriculteurs ont semé une dizaine de variétés anciennes, dont certaines datent du XIXe siècle. Les premières observations montrent une bonne résistance aux conditions climatiques actuelles. Les rendements, bien que inférieurs à ceux des blés modernes, restent satisfaisants. Les agriculteurs notent également une meilleure adaptation aux sols pauvres, ce qui pourrait réduire le besoin en intrants chimiques.
Un projet soutenu par la recherche
Ce projet est mené en collaboration avec l'INRAE (Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement). Les chercheurs analysent les données collectées pour évaluer le potentiel de ces variétés. Selon l'INRAE, ces essais pourraient contribuer à la sélection de nouvelles variétés plus résilientes. Les résultats préliminaires sont encourageants, mais il faudra plusieurs années pour tirer des conclusions définitives.
À terme, les agriculteurs espèrent commercialiser ces blés sous forme de farine ou de pain, afin de valoriser ce patrimoine. Une démarche qui s'inscrit dans une tendance plus large de retour aux pratiques agricoles traditionnelles. Les prochaines étapes consisteront à étendre les surfaces cultivées et à impliquer davantage de producteurs de la région.



