Affaire du militaire tué : le chef de groupe ordonne un nettoyage pour « minimiser » les sanctions
Militaire tué : ordre de nettoyage pour minimiser les sanctions

Dans l'affaire du « jeu » avec une arme entre militaires alcoolisés qui a causé la mort d'un homme mi-février près de Paris, le chef de groupe a reconnu avoir ordonné de ranger la scène du drame avant l'arrivée des policiers afin de « minimiser » les sanctions, selon des éléments du dossier dont l'AFP a eu connaissance vendredi.

Les faits

Tout a commencé par un « apéro » entre sept membres du 35e régiment d'artillerie parachutiste de Tarbes (Hautes-Pyrénées), en mission « Sentinelle » à l'hôpital militaire Percy à Clamart (Hauts-de-Seine). Les enquêteurs ont relevé une « consommation excessive d'alcool », entre rhum et bières, cette nuit de la Saint-Valentin, alors qu'un « jeu » de réactivité avec une arme s'est instauré, selon le terme utilisé par les enquêteurs.

Benjamin L., 20 ans, a déclaré avoir pressé « la détente », simplement « pour entendre le fameux clic » du percuteur, comme cela s'était produit auparavant, à vide. Ce militaire admet ne pas avoir vérifié l'arme et assure ne pas avoir réalisé qu'il pointait son camarade : Alexandre Lanckbeen, 21 ans, grièvement blessé dans la nuit du 14 au 15 février, est décédé le 20 février. Benjamin L., Mohamed C., 34 ans, chef de groupe, et son adjoint Fabien B., 30 ans, ont été mis en examen mi-février à Paris, dont le parquet est compétent en la matière.

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Responsabilités présumées

L'enquête se concentre notamment sur les responsabilités présumées des deux derniers, qui n'étaient plus présents au moment du tir fatal. Comme évoqué par le journal Libération, l'arme était celle de Mohamed C., laissée dans la salle commune, et non sous clé. Le sous-officier soulève « les conditions matérielles de stockage » : « code de l'armoire forte connu de tous, armes et munitions dans un même espace, absence d'armurier dédié », commente auprès de l'AFP son avocate Marie de Fleurieu.

Un nettoyage pour « minimiser »

Mohamed C., devant les enquêteurs, se remémore avoir ordonné de « balancer la bière » ou « vider les poubelles » avant l'arrivée des policiers. Il affirme ne pas avoir pensé à ce moment à « maquiller une scène de crime » mais vouloir « minimiser » les sanctions militaires. Dans un « contexte » de « sidération », ce sous-officier a « mécaniquement souhaité que l'espace immédiat soit “propre” pour faciliter l'intervention des secours et les constatations », défend Me De Fleurieu.

Un militaire certifie également avoir « jeté » des « objets » sur ordre de l'adjoint du chef de groupe. Fabien B. est aussi désigné par des témoins comme l'initiateur du « jeu ». Me Eliott Amzallag, avocat de Fabien B., conteste auprès de l'AFP « qu'il s'agissait d'un jeu : les jeunes (militaires) s'interrogeaient sur la faisabilité d'une manœuvre, et mon client a fini par la leur montrer ».

Réactions et suites

Cette affaire « est le résultat direct d'une violation grave des règles élémentaires de sécurité par la hiérarchie », insistent auprès de l'AFP Mes Baptiste Bellet et Anne Desriaux, défenseurs de Benjamin L. « Mes clients sont totalement bouleversés et attendent de comprendre comment leur enfant a pu disparaître de manière aussi absurde », expose à l'AFP l'avocat de la famille d'Alexandre Lanckbeen, Me Laurent-Franck Liénard.

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