Un militaire de 42 ans, interpellé le 22 juillet en Moselle, a été mis en examen et placé en détention provisoire. Il est soupçonné d'avoir utilisé un logiciel d'intelligence artificielle de l'armée pour générer plus de 10 000 requêtes à caractère pédopornographique entre janvier et juin 2026. Deux de ses collègues ont également porté plainte contre lui pour avoir créé des « deepnude » (photos dénudées générées par IA) à partir de leurs images.
Des faits reconnus par le militaire
Selon Le Républicain Lorrain, l'homme a reconnu les faits lors de son audition. Il a notamment admis avoir sollicité des photos à caractère pédopornographique auprès de mineurs de moins de 15 ans sur les réseaux sociaux. Cette affaire a été révélée par Le Parisien, qui précise que les plaintes des deux collègues concernent la génération d'images dénudées via le même outil d'IA.
Le militaire, sans antécédents judiciaires, est désormais poursuivi pour plusieurs infractions graves. Une information judiciaire a été ouverte à son encontre pour « diffusion, par service de communication au public en ligne, d’un montage ou contenu généré par traitement algorithmique à caractère sexuel reproduisant l’image ou les paroles d’une personne non consentante », « corruption de mineur par une personne mise en contact avec la victime par un réseau de communications électroniques », « sollicitation d’un mineur par un majeur pour la diffusion ou la transmission de son image à caractère pornographique », « importation de l’image d’un mineur présentant un caractère pornographique » et « enregistrement ou fixation d’image à caractère pornographique d’un mineur de 15 ans ».
Une enquête confiée à des unités spécialisées
L’enquête a été confiée à la section de recherches de la gendarmerie de l’armement, à l’unité nationale cyber, qui lutte contre la criminalité numérique, ainsi qu’à la brigade de recherches de Thionville. Ces unités sont spécialisées dans la lutte contre les infractions commises en ligne, notamment celles impliquant des contenus pédopornographiques.
Cette affaire soulève des questions sur l'utilisation des outils d'IA au sein des institutions militaires et sur les mesures de contrôle nécessaires pour prévenir de tels abus. Les enquêteurs devront déterminer comment le militaire a pu accéder à ce logiciel et si d'autres personnes ont pu en faire un usage similaire.
Des précédents judiciaires
Ce cas s'ajoute à d'autres affaires récentes de pédopornographie en France. Par exemple, un directeur d'école en Gironde a été interpellé avec des milliers d'images pédopornographiques, et un homme à Narbonne a été condamné à du sursis pour des faits similaires. Ces affaires montrent l'ampleur du phénomène et la nécessité d'une vigilance accrue.



