Le tribunal de Rodez a condamné, mardi 4 août, un couple pour maltraitance et non-assistance à personne en danger. Le conjoint, âgé de 31 ans, a été condamné à deux ans de prison ferme avec maintien en détention, tandis que la jeune mère, âgée d'une vingtaine d'années, a écopé de neuf mois de détention à domicile sous surveillance électronique. Les deux enfants, âgés de 3 et 4 ans, victimes de violences et de négligence, ont été placés en famille d'accueil.
Des faits de violences et de négligence
En décembre 2025, la jeune femme, originaire de Valence, quitte sa région natale pour s'installer à Millau chez un cousin éloigné, avec ses deux enfants. Elle invoque des "soucis familiaux" pour expliquer ce départ précipité. Cependant, les conditions de vie des enfants se sont rapidement révélées alarmantes. Les professionnels de santé et les services sociaux ont constaté un manque d'hygiène, un retard d'éveil, des problèmes de nutrition et une absence totale de langage. Les enfants s'exprimaient en criant ou en grognant, selon plusieurs témoignages. Ils étaient également porteurs de la gale et présentaient de nombreuses traces de violences : œdème à la verge, ecchymoses sur les fesses, le front, les jambes, le dos, des brûlures et, pour l'un d'eux, des blessures autour de l'anus.
Le conjoint, un récidiviste aux multiples condamnations
Le conjoint, déjà condamné 12 fois, dont trois fois pour des violences, est en détention préventive depuis janvier. Il reconnaît seulement une "petite tape au cul" et nie toute autre violence, affirmant que les enfants "se mettaient eux-mêmes des coups". Cependant, une expertise contredit ses déclarations : les violences auraient eu lieu entre le 19 et le 31 décembre 2025. Les photos présentées à l'audience, notamment une lésion de 12 cm sur 8 cm sur la zone anale d'un enfant, ont choqué la présidente Arrial. L'expertise évoque une "volonté d'agression sexuelle" et de "multiples tentatives". Un godemiché a été retrouvé dans le studio de 22 m².
Des enfants qui "se jettent sur la nourriture"
La famille d'accueil a rapporté que les enfants avaient des problèmes d'alimentation : "Ils se jettent sur la nourriture, on est obligé de les arrêter". La jeune mère a répondu avec une conviction douteuse : "C'est vrai qu'ils aiment bien manger". Le procureur Nicolas Rigot-Muller a estimé que le couple "se protège" : "Pour l'un, pour éviter une incarcération, pour l'autre, pour éviter d'alerter les services sociaux et une perte de revenus. Sans se soucier d'enfants clairement en danger".
Des réquisitions suivies par le tribunal
Le procureur avait requis deux ans de prison pour l'homme et huit mois pour la femme, ainsi qu'une privation des droits de famille pendant trois ans. Le tribunal a suivi ces réquisitions en condamnant l'homme à deux ans de prison avec maintien en détention, et la femme à neuf mois de détention à domicile sous surveillance électronique. Il a également été décidé de retirer l'exercice de l'autorité parentale à la jeune mère.



