L'association L214 a saisi les services de l'État pour des faits de maltraitance animale à l'abattoir de Perpignan. Dans une enquête menée entre mai et juillet 2026 à La Catalane d'abattage, l'organisme a diffusé des vidéos montrant des animaux sensibles et conscients au moment de leur saignée, ainsi que des agents frappant un cochon. L'association demande la fermeture de l'établissement.
Une enquête qui révèle des pratiques routinières
Selon ICI Roussillon, l'enquête de L214 a été réalisée entre mai et juillet 2026. L'association détaille des dérives : « Des moutons sont balancés par la toison et par les pattes. Le couloir d'amenée en angle droit empêche les cochons d'avancer, alors les opérateurs les aspergent d'eau et les électrisent. Des cochons et des moutons s'échappent des équipements de contention et courent dans l'abattoir. Des vaches et des moutons sont découpés encore en vie », révèle L214 dans son enquête.
Une vidéo montre des animaux électrisés et « manipulés avec violence ». Selon l'association, il s'agit de « pratiques routinières. La réglementation européenne encadre la mise à mort des animaux. Clairement, l'abattoir de Perpignan est en infraction. Ces souffrances pourraient être évitables. Nous réclamons donc la fermeture de l'établissement car le niveau de souffrances, de douleurs et d'atrocités est très élevé », lance Sébastien Arsac, porte-parole de L214, à nos confrères.
La direction de l'abattoir réagit
La préfecture des Pyrénées-Orientales a indiqué dans un communiqué que « la direction de l'abattoir a décidé sans délai de mettre à pied les personnels directement mis en cause dans les faits présentés, à titre conservatoire, afin de permettre le déroulement de l'enquête ». Le préfet a également ordonné une nouvelle inspection complète de l'établissement afin de confirmer si « les faits correspondent uniquement à des dérives individuelles, ou si des mesures correctives doivent être mises en œuvre ».
Jean-Claude Coulet, président-directeur de l'abattoir, a réagi : « Les images montrant un agent en train de frapper un cochon sont inadmissibles. En tant qu'éleveur, on ne peut pas le supporter. Cette personne sera donc mise à pied ». De son côté, La Catalane annonce que des travaux seront lancés pour régler les problèmes liés aux bâtiments.
L214 demande un moratoire sur les abattoirs
L214 dénonce également des infrastructures inadaptées et demande un état des lieux de l'ensemble des abattoirs français : « Nous réclamons au Ministère de l'Agriculture un moratoire ; tant qu'on n'est pas capable de faire respecter la réglementation, il ne faut plus construire de nouveaux établissements ».
L'association attaque régulièrement des abattoirs français en justice. Elle a déjà obtenu plusieurs condamnations d'établissements ou de salariés pour « actes de cruauté », « non-respect des règles d'abattage » ou « mauvais traitements », mais aussi de l'État pour « carence fautive », écrit l'Indépendant.



