Jusqu'à sept ans requis contre six hommes liés à la mouvance pronazie
Jusqu'à 7 ans requis contre six hommes pronazis

Jusqu'à sept ans de prison ont été requis mercredi 2 juillet devant le tribunal correctionnel de Paris à l'encontre de six hommes jugés pour trafic d'armes et projet d'attaque terroriste, sur fond de mouvance pronazie. Les réquisitions, prononcées par le parquet national antiterroriste (PNAT), s'échelonnent de deux à sept ans d'emprisonnement ferme pour les prévenus, âgés de 24 à 36 ans.

Un arsenal découvert en 2023

L'enquête, menée par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), avait permis la saisie en mai 2023 d'un important arsenal dans le Var et les Bouches-du-Rhône. Les forces de l'ordre avaient notamment découvert six fusils d'assaut de type Kalachnikov, des pistolets automatiques, des munitions de guerre, ainsi que des documents de propagande néonazie. Selon le PNAT, ce trafic d'armes était destiné à "alimenter un projet d'attaque terroriste d'extrême droite".

Les investigations ont révélé que les mis en cause entretenaient des liens étroits avec la mouvance pronazie en France et à l'étranger. Plusieurs d'entre eux étaient en contact avec des figures de la scène néonazie européenne, notamment via des messageries cryptées. Le projet d'attaque, bien que non finalisé, visait selon l'accusation des cibles symboliques, sans que les enquêteurs aient pu déterminer avec précision le lieu ou la date envisagés.

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Des profils radicalisés et structurés

Les six prévenus, tous connus des services de renseignement pour leurs activités extrémistes, présentent des profils radicalisés. Certains avaient déjà été condamnés pour apologie du terrorisme ou participation à des groupuscules violents. "Ils partageaient une idéologie violente et un désir de passage à l'acte", a souligné le procureur lors de ses réquisitions. "La dangerosité de ces individus est avérée, et la société doit être protégée."

L'enquête a également mis en lumière une tentative d'acquisition d'armes de plus gros calibre, déjouée par les services antiterroristes. "Leur projet était en phase opérationnelle, même s'il n'a pas abouti", a précisé une source proche du dossier.

Des peines allant de 2 à 7 ans

Le tribunal a requis des peines de deux ans de prison, dont un an avec sursis, pour le plus jeune des prévenus, âgé de 24 ans, considéré comme un simple exécutant. À l'autre extrémité, la peine la plus lourde, sept ans de prison ferme, a été demandée contre le principal organisateur présumé du trafic, un homme de 35 ans déjà connu pour des faits de violence à caractère raciste. Les quatre autres hommes écopent de peines allant de trois à cinq ans d'emprisonnement, assorties pour certains d'un suivi socio-judiciaire.

Le jugement a été mis en délibéré au 16 septembre 2026. Les prévenus encourent également une interdiction de territoire français pour ceux qui possèdent la nationalité étrangère.

Un contexte de montée des violences d'extrême droite

Cette affaire intervient dans un contexte de recrudescence des actes violents commis par des groupuscules d'extrême droite en France. Selon le rapport annuel de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH), les actes racistes et xénophobes ont augmenté de 12 % en 2025, avec une hausse significative des actions violentes. En mars 2026, un individu lié à la mouvance néonazie avait été interpellé en région parisienne avec un arsenal similaire.

Les associations de lutte contre le racisme et l'antisémitisme ont salué la fermeté des réquisitions. "Ces peines envoient un signal fort contre l'impunité des milieux extrémistes", a déclaré Me Sarah Cohen, avocate de SOS Racisme, partie civile dans ce dossier. "Mais il faut aussi des actions préventives pour endiguer la radicalisation."

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