Incendie de Fréjus : le pire évité, le commandant des pompiers du Var dresse le bilan
Incendie de Fréjus : le pire évité, le commandant des pompiers dresse le bilan

Alors que le premier gros incendie varois de l'été, en milieu périurbain, vient d'être fixé, le commandant du service départemental d'incendie et de secours (Sdis) du Var, le contrôleur général Eric Grohin, en tire les premiers enseignements à chaud. Dans un entretien, il revient sur les priorités et les moyens déployés ce mercredi 2 juillet 2026 à Fréjus.

Un feu maîtrisé grâce à une intervention rapide et massive

Le feu a pris dans une journée à très gros risque, avec des températures élevées, un vent puissant et une hygrométrie très faible. Face à cette menace, les sapeurs-pompiers ont appliqué la doctrine en vigueur : frapper vite et fort dès le départ du feu. Plus de dix groupes, soit près de 200 sapeurs-pompiers, étaient prépositionnés sur le terrain. Dès le départ de l'incendie, de très gros moyens ont été engagés, tant terrestres qu'aériens, avec l'hélicoptère lourd de l'État basé à Brignoles et les hélicoptères bombardiers d'eau du Sdis basés au Luc. Deux Canadair étaient prépositionnés à Hyères et ont pu intervenir rapidement, rejoints par un troisième appareil. Tous les Canadair de la flotte n'ont pu être mobilisés à Fréjus, car d'autres incendies étaient en cours dans l'Aude et l'Hérault.

« Nous avons appliqué la doctrine actuelle, à savoir frapper le feu aussi vite et fort que possible, sitôt l'alerte donnée », explique le contrôleur général Eric Grohin.

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Protection de la population et débroussaillement efficace

Les actions des pompiers ont d'abord consisté à protéger la population. Trois campings ont été rapidement évacués : celui du Montourey, un temps menacé, et deux autres à titre préventif. La situation évoluant très favorablement en fin de journée, habitants et campeurs ont pu regagner leurs habitations. Concernant les maisons, le débroussaillement avait été bien réalisé, ce qui a permis de confiner les habitants en toute sécurité à l'intérieur de leurs logements, sans avoir à les envoyer sur les routes. Cela a été précieux dans l'action des secours. Au total, 2200 personnes ont été évacuées.

Le massif de l'Estérel préservé

Non loin du feu se trouve le massif de l'Estérel. L'incendie a été compliqué à appréhender, car il s'agissait d'un feu « en tâches », avec plusieurs sautes de feu de l'ordre de 500 mètres et des changements de vent. La priorité était d'empêcher les flammes de franchir la voie aurélienne, puis Bellevue et la RD37. De là, le feu aurait menacé le massif de l'Estérel. « Il fallait absolument l'en empêcher », insiste Eric Grohin. De gros moyens ont été disposés sur cette ligne pour stopper la progression du feu.

Au final, le feu a été contenu sur une trentaine d'hectares. Il n'y a aucun dégât humain, et un bilan matériel minime. Une centaine d'hommes vont passer la nuit sur le chantier pour procéder aux opérations de noyage.

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