Une influenceuse mise en examen après un décès lié à une injection esthétique illégale
Une personne suspectée d'avoir pratiqué une injection esthétique illégale ayant entraîné le décès d'une femme le 20 mars à Villeurbanne, dans la banlieue lyonnaise, a été mise en examen et écrouée, a indiqué le parquet ce lundi. Elle est poursuivie pour « homicide involontaire » et « exercice illégal de la profession de médecin », a-t-il précisé, confirmant une information de La Dépêche du Midi.
Les circonstances tragiques du décès
Selon La Dépêche, la victime, âgée d'une quarantaine d'années, a fait un arrêt cardiaque après avoir reçu, dans un appartement, une injection combinant de l'acide hyaluronique - substance connue pour ses propriétés hydratantes et repulpantes - et de la lidocaïne dans les fesses. Les causes et circonstances exactes du décès devront être déterminées par un juge d'instruction, qui va superviser la suite de l'enquête approfondie.
La mise en cause : une influenceuse des réseaux sociaux
La personne mise en cause serait, selon la même source, une influenceuse spécialisée dans les soins esthétiques, qui s'est fait connaître par le réseau social Instagram. Ce drame illustre les dangers liés à ces actes pratiqués par des non-médecins et dans des conditions sanitaires souvent déplorables, dénonce dans un communiqué le Syndicat national de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique (SNCPRE).
Le syndicat appelle à un « renforcement des contrôles » et à « une vigilance accrue du public » face à ces pratiques à haut risque. Comme ce syndicat, les professionnels de santé alertent régulièrement sur la forte augmentation des injections illégales de botox ou d'acide hyaluronique hors du circuit médical, un phénomène qui se répand de manière inquiétante sur les réseaux sociaux.
Des risques médicaux graves et une augmentation alarmante des signalements
Attirés par des promesses de résultats immédiats et de tarifs apparaissant attractifs, les clients s'exposent à des risques médicaux sérieux :
- Nécroses tissulaires
- Infections graves potentiellement mortelles
- Embolies pulmonaires ou cérébrales
- Déformations irréversibles du visage ou du corps
En 2025, l'Ordre des médecins a reçu 213 signalements concernant des actes médicaux et chirurgicaux illégaux à visée esthétique - un record historique - et déjà 28 en 2026. En 2024, les signalements s'élevaient à 128, contre 123 en 2023 et seulement 62 en 2022. Ces chiffres, selon l'Ordre, restent toutefois en deçà de la réalité du phénomène, de nombreux cas n'étant probablement pas déclarés.
Des conséquences sanitaires dramatiques documentées
Entre août et septembre 2024, huit personnes ont été hospitalisées en réanimation pour des symptômes sévères suite à des injections illégales :
- Difficultés à parler ou à avaler (risques de fausses routes)
- Difficultés à marcher et troubles de l'équilibre
- Vision floue ou vision double
- Difficultés respiratoires sévères (nécessitant une trachéotomie pour certains patients)
Ce tragique événement à Villeurbanne souligne l'urgence d'une action coordonnée des autorités sanitaires, judiciaires et des plateformes sociales pour endiguer ce phénomène dangereux qui met en péril la santé publique.



