Depuis juin, les locataires de l'immeuble Le Vulcain, situé place Bir-Hakeim au Chemin-Bas-d'Avignon à Nîmes, vivent dans la crainte. Plusieurs départs de feu se sont déclarés autour de l'immeuble, et les résidents soupçonnent un couple fraîchement relogé d'en être à l'origine. Placé en garde à vue le 8 juillet, l'homme a été relâché, provoquant la colère des habitants.
Un suspect relâché, la peur persiste
« S'il met le feu aux bouteilles de gaz, comme il a tenté de le faire, tout explose », s'inquiète Delphine, rencontrée ce vendredi 10 juillet en bas de l'immeuble. À ses côtés, une trentaine de locataires sont très remontés. L'homme suspecté d'avoir provoqué un départ de feu juste à côté des bouteilles de gaz a été entendu pendant plus de 24 heures par les enquêteurs, puis relâché, possiblement dans l'attente d'une expertise psychiatrique. Les investigations se poursuivent, indique une source policière.
Une série d'incendies depuis juin
« Depuis qu'ils sont arrivés avec sa compagne, on est à quatre ou cinq départs de feu », assure une jeune femme. Elle montre des images d'un autre incendie où des flammes s'échappent d'une benne à ordures. « Ça aurait pu se propager autour », renchérit un voisin. Vincent, 63 ans, résidant dans l'immeuble voisin, venu en solidarité, résume l'état d'esprit : « Ces personnes ont du souci à se faire. Je suis né dans ce quartier, je n'ai jamais vu ça de ma vie. » Il a assisté au premier feu début juin : « Quand les portes de l'ascenseur se sont ouvertes, j'ai pris toute la fumée dans la figure. Puis j'ai vu les flammes. J'ai essayé d'éteindre avec ma petite bouteille d'eau. »
Le couple conteste les accusations
L'intéressé conteste toute implication et met en cause sa compagne. « Je vais me retrouver SDF », s'inquiète-t-il. Le couple avait été relogé dans cet immeuble il y a plusieurs mois par le bailleur social Un Toit pour tous, après que leur maison a pris feu à Garons. Un incendie qui s'est avéré, après enquête, être d'origine criminelle. « On en a eu connaissance qu'après leur relogement », explique un représentant du bailleur social.
Le bailleur social impuissant
Le représentant d'Un Toit pour tous reconnaît être « démuni ». « Juridiquement, on ne peut pas les empêcher de rentrer chez eux. Et c'est délicat, car à la fois, on est face à des agissements pyromanes, et le laisser rentrer chez lui dans un immeuble collectif présente des risques pour les voisins. On est face à une impasse. » Pour la sécurité, un binôme d'agents de sécurité privés a été engagé 24 heures sur 24 jusqu'au mercredi 15 juillet. Un signalement a été fait auprès de la procureure de la République, et une plainte contre X a été déposée. Les locataires ont également déposé plusieurs plaintes contre leur voisin.
Des solutions difficiles à trouver
Quant au relogement réclamé par les locataires, le bailleur social explique que c'est compliqué en raison du fauteuil roulant de l'homme, même si des doutes existent sur son handicap. « Toutes les autorités compétentes sont au courant de la situation », poursuit le représentant, dans l'espoir qu'une solution soit rapidement trouvée. « Même si je doute qu'un relogement soit la solution, malheureusement », estime-t-il. Les locataires partagent cet avis : « On veut que le couple soit relogé, mais pas dans un autre immeuble : il faut qu'ils soient loin des gens, ils sont un danger », conclut Delphine.



