L'incendie qui a ravagé plus de 40 000 hectares en Gironde est considéré comme « fixé » depuis le 1er août. Si la vigilance reste de mise, les premières interrogations émergent, notamment sur une éventuelle priorisation du Cap Ferret par rapport à d'autres communes touchées. Cette rumeur, largement relayée sur les réseaux sociaux, est alimentée par des habitants du Porge, où 183 maisons ont été détruites, qui se sentent « abandonnés » et dénoncent un manque de moyens pour lutter contre le feu.
Des habitants du Porge envisagent de porter plainte
Un collectif de plusieurs centaines d'habitants du Porge envisage de porter plainte afin de « faire toute la lumière sur les événements ». Pour l'heure, il est impossible de confirmer si les habitations de personnalités au Cap Ferret ont été davantage protégées. Les autorités locales assurent pourtant que la priorité absolue a été la préservation des vies humaines.
La préfète de Gironde, Sophie Brocas, a promis lors d'un point presse le 29 juillet que « le travail sera fait en transparence et avec rigueur », rappelant que « la seule priorité, c'est de préserver les vies humaines. Toutes les vies humaines ! ».
Le Sdis dément toute pression ou priorisation
Le directeur du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de Gironde, Marc Vermeulen, a réitéré ces propos dans un entretien au journal Sud Ouest publié le 6 août. Il a formellement démenti avoir reçu des appels de personnalités : « Je ne suis pas mondain, ils n'ont pas mon numéro. Je n'ai reçu aucune pression. Aucune. À aucun moment je n'ai été approché par une quelconque autorité, corps préfectoral ou élu, pour me dire : voilà votre priorité. »
Il a également expliqué que la ligne d'appui à l'entrée de la presqu'île répondait à la priorité numéro 1 : sauver des vies. Cette consigne figure d'ailleurs dans l'Ordre d'opérations feux de forêt du Sdis de Gironde, disponible sur leur site. La protection des biens n'arrive qu'en second plan.
Des mouvements de moyens qui ont pu susciter des incompréhensions
Marc Vermeulen est revenu en détail sur le redéploiement des pompiers dans la nuit du 23 au 24 juillet vers le Cap Ferret. Vers minuit, le feu s'est réactivé et s'est enroulé autour de la commune par le nord-ouest, tandis qu'à l'est, l'arrière était extrêmement virulent et menaçait les premières habitations.
Il reconnaît qu'il y a eu des mouvements de médecins, de camions de carburant et de soutien sanitaire vers Lacanau et Lège, mais affirme qu'il n'y a pas eu de détournement des moyens de lutte contre le feu. Il admet toutefois que « la manœuvre a pu susciter une incompréhension ».
Pour y voir plus clair, un RETEX (document préfectoral contenant le déroulement et l'analyse de la gestion de crise) devrait être publié, mais la préfecture de Gironde indique ne pas pouvoir communiquer de date pour le moment.



