Incendie de Gironde vu à hauteur d'enfant : «Je pensais que les volets pouvaient nous protéger»
Incendie de Gironde : le témoignage d'un enfant

«Je pensais que les volets pouvaient nous protéger du feu.» Cette phrase, prononcée par un enfant de 10 ans, résume l'innocence face à la violence des incendies de Gironde de l'été 2022. Dans un récit poignant recueilli par Libération, le garçon raconte comment sa famille et lui ont vécu l'évacuation de leur maison, alors que les flammes approchaient.

Le jour où tout a basculé

L'enfant, dont le prénom n'est pas divulgué, se souvient de l'après-midi où l'ordre d'évacuer est tombé. «On a pris nos sacs, le chat, et on est partis», dit-il. La famille a rejoint un hébergement d'urgence, laissant derrière elle une maison qu'ils pensaient ne plus jamais revoir.

Le garçon décrit la confusion et la peur : «Les adultes parlaient fort, on voyait de la fumée au loin. Je ne comprenais pas tout, mais je savais que c'était grave.» Il confie avoir cru que les volets fermés arrêteraient le feu, une idée qui semble aujourd'hui lui paraître naïve, mais qui témoigne de la difficulté des enfants à appréhender un tel danger.

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L'exil et la reconstruction

Après plusieurs jours d'incertitude, la famille a pu revenir chez elle. Les dégâts étaient importants : la toiture avait brûlé, certaines pièces étaient noircies. «Quand on est rentrés, ça sentait le brûlé partout. Ma chambre était intacte, mais j'avais peur d'y dormir», raconte l'enfant.

Les mois qui ont suivi ont été marqués par des travaux et un sentiment d'insécurité. «Chaque fois que je vois de la fumée, j'ai peur», avoue-t-il. Un suivi psychologique a été proposé aux enfants de la commune, et le garçon a accepté d'en parler, ce qui l'aide, dit-il, à «mettre des mots sur ce qui s'est passé».

L'impact sur la mémoire collective

Ce témoignage s'inscrit dans le cadre d'un projet de recueil de paroles d'enfants victimes de l'incendie, mené par une association locale. L'objectif est de documenter la manière dont les plus jeunes vivent ces catastrophes, souvent négligées dans les récits officiels.

Les incendies de Gironde de 2022 ont détruit plus de 20 000 hectares de forêt, selon les autorités. Des milliers de personnes ont été évacuées, et des centaines de maisons ont été endommagées ou détruites. Les enfants, eux, doivent apprendre à vivre avec la peur et les souvenirs.

«Aujourd'hui, je sais que les volets ne suffisent pas. Mais je sais aussi que ma famille est en sécurité, et c'est le plus important», conclut le garçon, avec une maturité qui force le respect.

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