Ce mercredi 22 juillet, entre lits de camp, jeux de société et appels aux proches, l'attente est devenue le quotidien des sinistrés de l'incendie de Pontevès. Une cinquantaine de personnes, habitants et vacanciers évacués de Cotignac et des communes voisines, ont passé la nuit dans la salle polyvalente de Carcès.
« On se demande ce qu'on va trouver »
Christian, 75 ans, habitant de Cotignac, a quitté son domicile avec presque rien. Assis dans le coffre de sa voiture sur le parking de la salle polyvalente, il plaisante : « Si vous passez à la maison, il y a toujours la salade sur la table. Vous pouvez la finir. » Mais derrière l'humour, l'inquiétude est palpable. « On a fermé la maison, pris trois affaires et on est allé chez un ami, de l'autre côté de Cotignac », raconte-t-il. Quelques heures plus tard, les flammes gagnent ce secteur. « Elles devaient faire une vingtaine de mètres de hauteur. C'était impressionnant. La fumée piquait les yeux, des flammèches tombaient au sol. Là, on s'est dit qu'il fallait partir. »
Des vacances bouleversées
Nelly et Franck, un couple belge fidèle à Cotignac depuis treize ans, partagent la même inquiétude. Les larmes aux yeux, Nelly pense avant tout aux propriétaires de la maison qu'ils louent chaque été, devenus des amis. « On nous a appelés pour nous dire qu'il fallait partir immédiatement. La vie est plus importante que le matériel. On est partis avec notre petite voiture, sans rien emporter. » Arrivés lundi pour deux semaines de vacances, ils étaient loin d'imaginer vivre un tel épisode. « On entend parler des incendies à la télévision, mais on pense toujours que ça arrive aux autres. Quand on est au milieu, c'est une drôle d'expérience », souffle-t-elle.
La solidarité en action
Franck préfère retenir la solidarité rencontrée sur leur route. « On a été accueillis par le maire et des habitants nous ont hébergés. C'était incroyablement bien organisé. Chez nous, en Belgique, on pourrait prendre exemple sur cet accueil. » Michael et ses proches, venus du Danemark, ont aussi bénéficié de cet élan de solidarité. Arrivés une semaine plus tôt, ils envisageaient de rester encore une semaine. « Un voisin nous a dit que la maison allait bien, mais qu'une partie du jardin avait brûlé. Maintenant, nous attendons de récupérer nos affaires avant de rentrer au Danemark », explique-t-il. « Ce n'est pas le souvenir que l'on a envie de rapporter de ses vacances. On voulait repartir avec celui du soleil, de la bonne cuisine et de la gentillesse des habitants, pas d'un incendie. »
Une attente pesante
À l'intérieur de la salle polyvalente, certains dorment encore sur les lits de camp installés contre les murs. D'autres disputent une partie de cartes ou de jeux de société pour tromper l'attente. Les bénévoles servent le petit-déjeuner tandis que les téléphones restent collés aux oreilles. On rassure ses proches, on cherche des informations. Une même interrogation revient dans toutes les conversations : dans quel état seront les habitations ? Alors qu'aucune information précise ne leur est encore communiquée, l'attente est difficile à supporter.



