Au hall des expositions de Brignoles, plus d'une centaine de personnes évacuées en raison d'un incendie ont passé la nuit du mercredi 29 juillet dans l'attente de pouvoir rentrer chez elles. Selon les autorités, 93 adultes et 28 enfants ont été accueillis dans ce lieu, transformé en refuge temporaire avec des lits de camp et une mobilisation de bénévoles.
Une évacuation précipitée face aux flammes
Six quartiers de Brignoles — Tombarel, Pélicon, Sainte-Barbe, Jausserannes et Agasses — ont été évacués mercredi soir alors que le feu progressait. Sylvain, habitant du chemin des Jausserannes, résume l'état d'esprit général : "On s'organise, on prend l'essentiel, et puis on croise les doigts."
Jean-Alain, Véronique et Tom, résidant au quartier Tombarel, ont vu les premières fumées vers 17 heures. "Il venait de démarrer et il n'était pas très loin", raconte Jean-Alain. Rapidement, le sinistre s'est intensifié : "Ça devenait irrespirable où on habite." Après avoir reçu l'ordre d'évacuation, ils ont patienté une heure avant de partir, observant des voitures circulant dans tous les sens, certaines revenant vers le quartier. Ils ont finalement rejoint le hall des expositions.
La menace aérienne et l'attente
Amandine, dont le domicile se trouve à environ 500 mètres du feu, témoigne : "On voyait la fumée, les cendres. On recevait tout." Elle espérait d'abord que le feu serait maîtrisé rapidement, mais l'arrivée des Canadair a changé la donne : "Quand les Canadair sont arrivés, on a compris qu'il valait mieux partir." Sa famille a pu retourner brièvement récupérer quelques affaires, mais l'air reste "irrespirable, ça pique, c'est mauvais". Ils passeront la nuit chez des proches.
Dans le hall des expositions, l'attente est ponctuée par le bruit des avions. Chaque passage fait lever les regards, car tant que les moyens aériens sont en action, le retour n'est pas à l'ordre du jour.
Un été marqué par les incendies récurrents
Sylvain, qui a été évacué sur ordre des gendarmes, relativise : "La famille est regroupée et, pour la partie matérielle, de toute façon, on n'y peut pas grand-chose. On ne peut pas déménager une maison en un quart d'heure." Mais il exprime une inquiétude plus profonde : "Il y a deux jours, il y a aussi eu un départ à peu près dans le même secteur, et aujourd'hui il y en a encore un ? C'est surtout ça qui n'est pas rassurant."
Jean-Alain partage cette lassitude. Après le feu de Pontevès qui a ravagé 4 750 hectares en huit jours, un nouveau sinistre frappe : "C'est un trop-plein. Il y a des pompiers qui se battent, qui risquent leur vie. Ils sont à peine sortis d'un feu. C'est gravissime et on est seulement fin juillet, donc ce trop-plein risque encore de se remplir et de déborder."
Des familles dans l'expectative
Les évacués des quartiers Tombarel, Pélicon, Sainte-Barbe, Jausserannes et Agasses ont passé une nuit longue et incertaine. Certains ont pu rejoindre des proches, d'autres sont restés sur les lits de camp. Tous attendent le signal des autorités pour regagner leurs domiciles. "On se demande ce qui se passera dans les années qui vont venir aussi", souffle Jean-Alain, tandis que les flammes continuent de menacer la région.



