Incendiaire de Nice condamné malgré ses dénégations
Incendiaire de Nice condamné malgré ses dénégations

Le tribunal correctionnel de Nice a condamné ce lundi 20 juillet 2026 Thierry Drogat, 58 ans, à 18 mois d'emprisonnement, dont 12 mois ferme, pour deux incendies de véhicules survenus dans le quartier Caucade. Malgré les preuves accablantes, le prévenu a nié les faits jusqu'au bout, déclarant : « En 58 ans, je n'ai jamais brûlé quelque chose. »

Deux incendies en juin et juillet 2026

Le premier incendie a eu lieu le 23 juin, en pleine après-midi, près de la place Flo Bravi. Une voiture a pris feu, et les flammes se sont rapidement propagées à sept autres véhicules, mobilisant un important dispositif de secours. Le second incendie s'est produit le 16 juillet, peu avant 22 heures, au même endroit. Un passant a alerté les secours depuis une borne d'urgence, précisant que l'auteur était encore sur place.

Les policiers municipaux ont interpellé Thierry Drogat sur les lieux, le trouvant en train de contempler les pompiers. Il était alcoolisé. Les agents ont découvert sur lui plusieurs journaux glissés dans son pantalon ainsi que deux briquets. Les images de vidéosurveillance de la Ville de Nice montrent l'homme lançant un objet dans un véhicule qui s'embrase quelques minutes plus tard.

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Preuves vidéo accablantes

Les enquêteurs ont rapidement rapproché cette intervention du sinistre du 23 juin. Les images de vidéosurveillance montrent un homme correspondant en tout point au prévenu : crâne dégarni, peau brunie par le soleil, t-shirt jaune fluo, valise noire à la main et démarche hésitante. On le voit s'approcher des véhicules qui prennent feu peu après, puis observer l'incendie à distance avant de quitter précipitamment les lieux.

L'expertise psychiatrique n'a mis en évidence aucune pathologie psychiatrique, mais a relevé un trouble de l'humeur non décompensé et une addiction à l'alcool. Son casier judiciaire comporte plusieurs condamnations depuis 2007, notamment pour des délits routiers sous l'emprise de l'alcool et des violences. « J'ai arrêté de conduire », a-t-il lancé au tribunal, la main droite levée pour jurer.

Réquisitions et condamnation

Le ministère public a insisté sur la gravité des faits, commis en pleine période de canicule alors que les sapeurs-pompiers étaient déjà fortement sollicités. Le magistrat a également évoqué les déclarations de la mère du prévenu, selon lesquelles son fils souffrirait de troubles bipolaires sans suivre sérieusement son traitement. Estimant que le prévenu continuait de nier « malgré l'évidence » et qu'un suivi médical était indispensable, le parquet a requis une peine de 18 mois d'emprisonnement, dont six mois assortis d'un sursis probatoire renforcé avec obligations de soins et de travail, ainsi que son maintien en détention.

Le tribunal a en partie suivi ces réquisitions, prononçant une peine de 18 mois avec 12 mois ferme et maintien en détention. En défense, Me Lorraine Vitte s'est dite surprise que l'expertise n'ait retenu aucune altération du discernement.

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