Dans les hautes Cévennes, les bureaux de poste sont en proie à des tensions croissantes, avec des fermetures en cascade et des conditions de travail difficiles pour les facteurs. Les élus locaux et les usagers dénoncent une situation qui se dégrade, malgré les interventions des associations de maires.
Fermetures répétées et colère des élus
À Vialas, le bureau de Poste doit fermer une quinzaine de jours en été en raison d'une baisse d'activité. Cette décision a suscité la colère des élus, qui ont rencontré une direction jugée "inflexible". Un rassemblement est prévu pour protester. La situation rappelle celle de Génolhac, où une fermeture similaire avait eu lieu il y a deux ans. À la suite de fortes réactions, un emploi temporaire avait alors été obtenu.
À Chamborigaud et à La Vernarède, les élus refusent toujours la transformation du bureau de Poste en agence postale communale, régulièrement proposée par l'opérateur. À Génolhac, le bureau ferme fréquemment, faute de personnel de remplacement au guichet. Par ailleurs, La Poste organise parfois une répartition limitée de ses moyens, notamment le samedi matin, jour de marché à La Grand-Combe et à Génolhac, en fonction des réactions locales.
Des services perturbés et des facteurs sous pression
Cette semaine, à Génolhac, le bureau sera fermé lundi, mardi, de manière exceptionnelle et sans explication détaillée, puis mercredi. La distribution du courrier a déjà été interrompue plusieurs jours consécutifs en juin, tout comme celle de la presse quotidienne, très irrégulière. Un usager de Génolhac a ainsi reçu une lettre du Sdis du Gard datée du 17 juin, postée le 19 et distribuée seulement le 25.
Les facteurs, eux, travaillent sous forte pression : certaines tournées atteignent 120 km, avec un tri du courrier effectué en dehors des sites et des volumes très variables, alternant fortes et faibles charges. Une organisation difficile à comprendre pour les agents eux-mêmes. Les postiers évoquent une souffrance au travail réelle, tout en soulignant la bienveillance des habitants : "On est surpris de la compréhension des gens, ils ne nous agressent pas, ils nous plaignent." Ils citent également leur CSE, rappelant que "les risques psychosociaux apparaissent lorsqu'il existe un déséquilibre entre les exigences du travail et les ressources disponibles pour y faire face".
Mobilisation des élus et perspectives
Face à cette situation, les associations de maires multiplient les interventions. Le conseiller départemental envisage d'organiser des visites de communes ayant accepté la transformation en agence postale communale. Le maire de Génolhac et deux adjoints ont récemment rencontré des responsables à La Grand-Combe, sans que le contenu des échanges ne soit communiqué. Une réunion publique est annoncée pour septembre. En attendant, une formule résume le paradoxe local : la Poste ne ferme pas, mais elle n'est pas toujours ouverte.



