Les services du Premier ministre (SPM) ont défendu leur gestion, mercredi, après le signalement effectué auprès de la procureure de Paris. Un représentant du personnel au sein des SPM a, en effet, effectué le 25 juin un signalement pour harcèlement moral et mise en danger d'autrui d'une fonctionnaire, des faits qui l'auraient conduite à tenter de se suicider. Cette dernière a déposé plainte et le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire.
Des faits contestés point par point
Révélée par France Inter, cette affaire fait également état d'une autre tentative de suicide, de deux suicides et d'une mort suspecte - une personne retrouvée morte dans les toilettes. Dans un courrier consulté par l'AFP, les SPM reviennent sur les cas évoqués. La fonctionnaire, qui travaille au service de la correspondance du Premier ministre, a tenté de se suicider après avoir été « mise à pied et mise en cause pour harcèlement sur ses équipes », affirment-ils. L'autre tentative, remontant à septembre 2025, a été reconnue, après des investigations en interne, « non imputable au service » dans lequel la personne travaillait, est-il ajouté.
Concernant les deux suicides, survenus en mars, l'un concerne « un agent en congés maladie depuis plusieurs mois », l'autre un fonctionnaire d'un autre service, « en télétravail au moment des faits ». Des enquêtes administratives ont été diligentées pour dire s'il y a un lien entre leur décès et le milieu professionnel. Quant à la mort suspecte, il s'agit d'une « mort naturelle » survenue en juin, est-il indiqué.
« Un déni inacceptable » pour l'avocate
« Continuer de penser en silo maintient un déni inacceptable et caractérise une méconnaissance au plus haut niveau des conséquences sur la personne de l'organisation du travail », a réagi Me Christelle Mazza, avocate du représentant du personnel et de la plaignante, auprès de l'AFP : « cela démontre sans fard la gestion politique et pyramidale des services administratifs de l'Etat ».
Les services du Premier ministre regroupent une cinquantaine d'administrations aux statuts variés (secrétariats généraux, directions, missions et autorités administratives indépendantes). Quelque 4 000 agents y travaillent. Un audit sur l'ensemble de cette administration, commandé à un cabinet extérieur, va être prochainement mené.



