Un bébé handicapé à 96 % après un accouchement raté : sa mère réclame plus de 3 millions d’euros de dédommagements
Une mère de famille réclame plus de trois millions d’euros d’indemnités au tribunal de Gérone, en Catalogne, après la paralysie de sa fille à 96 % lors d’un accouchement en 2019. Trois soignants sont poursuivis pour "défaut de surveillance". L’affaire médicale, classée deux fois, vient d’être rouverte.
Une procédure judiciaire aux conséquences humaines considérables est en cours en Catalogne. À Gérone, une mère de famille réclame plus de trois millions d’euros de dommages et intérêts après la naissance de sa fille, aujourd’hui lourdement handicapée à la suite de ce qu’elle considère comme une série de défaillances médicales.
Les faits : un accouchement tragique en 2019
Les faits remontent au 25 novembre 2019. Enceinte de 34 semaines, Kumba Drammeh est admise à l’hôpital pour d’importantes douleurs abdominales et des vomissements, selon El Periodico. Une série de défaillances aurait marqué sa prise en charge. La patiente aurait d’abord été branchée à deux moniteurs cardiaques successifs qui ne fonctionnaient pas correctement. Ce n’est qu’avec un troisième appareil qu’une anomalie a été détectée.
Près de deux heures se seraient ensuite écoulées avant qu’un médecin ne réalise une échographie révélant un décollement placentaire, une complication obstétricale pouvant mettre en danger la mère et l’enfant. Une césarienne d’urgence a alors été pratiquée, indiquent nos confrères. Mais à la naissance, la petite Aisatu souffrait déjà d’une grave asphyxie périnatale. Privé d’oxygène, son cerveau a subi des lésions irréversibles. Transférée en urgence dans un autre établissement, elle a pu être réanimée mais garde aujourd’hui de lourdes séquelles.
Un handicap évalué à 96 %
Selon les autorités catalanes, son handicap est évalué à 96 %. L’enfant requiert une assistance permanente, une aide respiratoire régulière et une alimentation par sonde gastrique. Face à cette situation, le tribunal de Gérone a mis en examen le médecin ainsi que les deux sages-femmes qui ont pris en charge la mère. Le parquet évoque notamment un "défaut de surveillance de l’accouchement" et pointe également des insuffisances dans l’équipement de l’hôpital, selon nos confrères.
L’avocat de la famille réclame dix-huit mois de prison pour chacun des trois professionnels de santé, une interdiction temporaire d’exercer ainsi qu’une indemnisation dépassant les trois millions d’euros.
La réouverture d’un dossier complexe
L’affaire avait pourtant été classée à deux reprises, en 2021 puis en 2023. Mais après de nouvelles expertises médico-légales, la justice a décidé de rouvrir le dossier, estimant qu’il existait suffisamment d’éléments pour engager des poursuites. Aujourd’hui, la mère de la petite Aisatu affirme attendre l’issue de la procédure pour pouvoir garantir à sa fille les soins et l’accompagnement dont elle aura besoin tout au long de sa vie.
Cette affaire met en lumière les graves conséquences d’une prise en charge médicale défaillante lors d’un accouchement. La famille espère que justice sera rendue et que des mesures seront prises pour éviter que de tels drames ne se reproduisent.



