La justice administrative rejette un recours contre l'État
Le tribunal administratif de Cayenne a écarté, le 22 mai 2026, un recours déposé par plusieurs associations environnementales et des élus locaux qui dénonçaient une carence fautive de l'État dans la lutte contre l'orpaillage illégal en Guyane. Les requérants estimaient que les pouvoirs publics n'avaient pas pris les mesures nécessaires pour endiguer ce fléau, qui cause des dégâts environnementaux considérables, notamment la pollution au mercure des cours d'eau et la destruction de la forêt amazonienne.
Les arguments des requérants
Les associations, dont France Nature Environnement et Guyane Nature Environnement, ainsi que des collectivités territoriales, avaient saisi la justice en 2024. Ils pointaient du doigt l'insuffisance des moyens alloués aux forces de l'ordre, le manque de coordination entre les services de l'État et l'absence de volonté politique pour lutter contre l'orpaillage clandestin. Selon eux, l'État aurait dû engager des actions plus fermes, comme la destruction systématique des sites illégaux, le renforcement des contrôles et la mise en place d'une politique de prévention efficace.
La décision du tribunal
Dans son jugement, le tribunal administratif a estimé que l'État n'avait pas commis de carence fautive. Il a reconnu que des efforts avaient été réalisés, notamment avec la création d'une force spéciale dédiée, l'augmentation des opérations de terrain et la coopération avec les autorités brésiliennes et surinamaises. Le tribunal a également souligné que la lutte contre l'orpaillage illégal est complexe en raison de l'immensité du territoire guyanais, de la porosité des frontières et de la difficulté d'accès aux sites clandestins. Il a conclu que les moyens mis en œuvre étaient proportionnés aux circonstances.
Les réactions
Cette décision a suscité des réactions contrastées. Les associations requérantes ont exprimé leur déception, estimant que la justice n'a pas pris la mesure de l'urgence écologique. Elles envisagent de faire appel. De son côté, la préfecture de Guyane s'est félicitée du jugement, affirmant qu'il valide l'action de l'État. Des élus locaux, comme le maire de Saint-Georges-de-l'Oyapock, ont regretté que la décision ne pousse pas à davantage d'efforts, alors que l'orpaillage illégal reste un problème majeur pour la région.
Un phénomène persistant
L'orpaillage illégal en Guyane est un phénomène ancien mais qui s'est intensifié ces dernières années, avec l'arrivée de milliers de chercheurs d'or venus principalement du Brésil et du Suriname. Les conséquences sont graves : déforestation, pollution des sols et des eaux par le mercure, atteintes à la biodiversité, mais aussi problèmes sociaux et sanitaires pour les populations locales. Malgré les opérations de répression, les orpailleurs illégaux continuent d'opérer, souvent en toute impunité. Les associations estiment que seule une action plus déterminée de l'État permettra d'enrayer ce fléau.



