Jérôme Guedj : « Les pouvoirs publics ont déserté la laïcité »
Jérôme Guedj : « Les pouvoirs publics ont déserté la laïcité »

Dans un entretien accordé au Point, le député socialiste de l'Essonne Jérôme Guedj a vivement critiqué l'attitude des pouvoirs publics vis-à-vis de la laïcité. Selon lui, « les pouvoirs publics ont déserté la laïcité », un constat alarmant qui appelle à une réaction forte de l'État.

Un abandon progressif

Jérôme Guedj estime que cet abandon n'est pas récent mais s'est installé progressivement. Il pointe du doigt une série de renoncements successifs, tant sous les gouvernements de droite que de gauche. « On a laissé s'installer des accommodements, des arrangements avec les principes républicains », explique-t-il. Pour le député, cette situation a créé un vide que certains groupes ont investi, menaçant l'équilibre républicain.

Il cite notamment l'exemple de l'école publique, où des atteintes à la laïcité seraient de plus en plus fréquentes et insuffisamment sanctionnées. « Il y a une forme de lassitude, de peur de la confrontation », regrette-t-il, appelant à une formation renforcée des personnels éducatifs.

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Une nécessité de reconquête

Face à ce constat, Jérôme Guedj prône une « reconquête républicaine » qui passerait par plusieurs mesures concrètes. Il propose notamment la création d'un « service public de la laïcité » qui serait chargé de promouvoir et de défendre ce principe sur l'ensemble du territoire. Ce service serait doté de moyens humains et financiers conséquents, avec des référents laïcité dans chaque préfecture et académie.

Le député insiste également sur la nécessité de mieux former les agents publics, en particulier ceux en contact avec le public, comme les enseignants, les policiers ou les agents d'accueil. « Il faut que chaque fonctionnaire sache exactement ce que la loi autorise et ce qu'elle interdit », affirme-t-il.

Un appel à la responsabilité politique

Jérôme Guedj ne se contente pas de critiquer ; il appelle les responsables politiques de tous bords à s'emparer du sujet. « La laïcité n'est pas une option, c'est le fondement de notre pacte républicain », martèle-t-il. Il déplore que certains aient utilisé la laïcité à des fins électoralistes, la vidant de son contenu. « Il faut revenir à l'esprit de la loi de 1905, qui est un équilibre entre liberté de conscience et respect de l'ordre public », ajoute-t-il.

Selon un sondage récent, 72 % des Français considèrent que la laïcité est en danger, un chiffre qui interpelle. Jérôme Guedj y voit le signe d'une inquiétude profonde qui doit être prise en compte par les pouvoirs publics.

Des propositions concrètes

Parmi les propositions avancées par le député, on trouve également le renforcement des sanctions contre les atteintes à la laïcité, notamment dans les services publics. Il suggère aussi la mise en place d'un observatoire national de la laïcité, indépendant et doté de pouvoirs d'investigation, qui pourrait alerter sur les dérives.

Enfin, Jérôme Guedj appelle à une grande consultation citoyenne sur la laïcité, afin de redonner la parole aux Français et de dépasser les clivages politiques. « Il faut que les citoyens se réapproprient ce principe, qu'ils en comprennent l'importance et les enjeux », conclut-il.

L'entretien, publié sur le site du Point, a suscité de nombreuses réactions, tant dans la classe politique que dans la société civile. Certains saluent le courage du député, d'autres critiquent une vision qu'ils jugent trop rigoriste de la laïcité. Quoi qu'il en soit, le débat est relancé.

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