La préfecture de police de Paris a demandé, jeudi 12 août, l'évacuation du parvis occupé depuis cinquante jours par les salariés grévistes du Samusocial de Paris. Cette occupation, qui se tient devant le siège de l'association, dans le 14e arrondissement, a été jugée illégale par la préfecture, qui invoque un arrêté pris en application de l'état d'urgence sanitaire. Les grévistes, eux, dénoncent des conditions de travail dégradées et réclament une revalorisation de leurs salaires.
Un conflit social qui s'enlise
Le mouvement de grève, lancé le 23 juin, a été reconduit à plusieurs reprises, paralysant une partie de l'activité du Samusocial, qui assure l'aide aux sans-abri à Paris. Selon la direction, environ 300 maraudes sur les 1 200 prévues chaque mois ont été annulées, affectant directement la prise en charge des personnes à la rue. Les salariés, employés par l'association, réclament une hausse de leur prime de risque et une meilleure reconnaissance de leur pénibilité, dans un contexte de canicule qui rend leur mission encore plus difficile.
La réponse de la préfecture
Dans un communiqué, la préfecture de police de Paris indique que « l'occupation du parvis constitue un trouble à l'ordre public » et demande aux grévistes de libérer les lieux. Elle précise que des forces de l'ordre pourraient être déployées si nécessaire. De son côté, la mairie de Paris, dirigée par Anne Hidalgo, a exprimé son soutien aux grévistes et a appelé à une médiation. Le conflit intervient alors que le Samusocial de Paris est confronté à une augmentation de la demande d'hébergement d'urgence, avec plus de 2 500 appels par jour pendant l'été.
L'impact sur les personnes sans-abri
L'intersyndicale, qui regroupe la CGT, Sud et FO, a annoncé la poursuite du mouvement et prévoit une manifestation samedi. Les syndicats estiment que la direction n'a pas apporté de réponse satisfaisante à leurs revendications, notamment en ce qui concerne les effectifs, jugés insuffisants. Selon un rapport interne, le taux d'encadrement des équipes de nuit est inférieur de 20 % aux recommandations, ce qui accroît la charge de travail des salariés. La direction, elle, se dit prête à discuter mais refuse de céder sur le montant de la prime, évoquant des contraintes budgétaires.
Le parvis reste occupé ce jeudi soir, et la préfecture n'a pas encore donné de délai pour l'évacuation. Les grévistes, soutenus par plusieurs associations de solidarité, espèrent une issue rapide afin de ne pas pénaliser davantage les personnes sans-abri, qui sont les premières victimes de ce conflit.



