Le parquet de Bordeaux a annoncé, vendredi 17 juillet 2026, la mise en examen de 19 hommes pour des faits de viols avec torture ou acte de barbarie commis entre 2018 et 2024 dans le cadre d'un réseau libertin en Gironde. Cette procédure, qualifiée d'historique par les enquêteurs, implique des victimes majoritairement des femmes, mais aussi des hommes, qui étaient droguées avant d'être violées. Selon le procureur de la République, Frédérique Porterie, les investigations ont révélé l'existence d'un groupe structuré organisant des soirées à caractère sexuel où les participants, souvent sans consentement éclairé, subissaient des violences extrêmes.
Une enquête de grande envergure
L'enquête, ouverte en 2024 après le témoignage d'une victime, a mobilisé une vingtaine d'enquêteurs de la police judiciaire de Bordeaux. Les perquisitions ont permis de saisir des téléphones portables, des ordinateurs et des substances stupéfiantes, notamment de la GHB (gamma-hydroxybutyrate), une drogue du viol. Les mis en examen, âgés de 30 à 65 ans, sont issus de divers milieux socioprofessionnels, allant d'ouvriers à cadres supérieurs. Cinq d'entre eux ont été placés en détention provisoire, tandis que les autres sont sous contrôle judiciaire.
Des actes de barbarie caractérisés
Les faits reprochés incluent des viols en réunion, des actes de torture et de barbarie, tels que l'utilisation de contraintes physiques et psychologiques. Selon les éléments de l'enquête, les victimes étaient sélectionnées via des sites de rencontres libertines, puis invitées à des soirées privées où elles étaient droguées à leur insu. Les agresseurs filmaient les violences, et les images étaient échangées sur des messageries cryptées. Le procureur a souligné que "ces actes dépassent largement le cadre des pratiques libertines consenties" et relèvent de crimes contre l'humanité.
Une procédure judiciaire inédite
Cette affaire est la première en France où un groupe aussi large est poursuivi pour des viols avec actes de barbarie dans un contexte libertin. Les avocats des parties civiles, Me Sophie B. et Me Julien D., ont salué l'avancée de l'enquête, tout en rappelant le traumatisme des victimes. "C'est une étape cruciale pour la reconnaissance de leur souffrance", a déclaré Me B. Les accusés encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Le procès ne devrait pas avoir lieu avant 2028, en raison de la complexité du dossier.
Impact sociétal et prévention
Cette affaire relance le débat sur les violences sexuelles dans les milieux libertins et l'usage de drogues facilitant les agressions. Les associations de défense des droits des femmes appellent à une meilleure information sur les risques et à un renforcement des contrôles sur les sites de rencontres. Le parquet de Bordeaux a annoncé la création d'une cellule dédiée à l'écoute des victimes potentielles. Selon les statistiques, 94 % des victimes de violences sexuelles en France sont des femmes, mais cette affaire montre que les hommes peuvent aussi être ciblés.



