Le tribunal correctionnel de Draguignan a condamné, mercredi 5 août, trois ressortissants tunisiens en situation irrégulière à dix-huit mois d'emprisonnement ferme pour l'agression violente d'un adolescent de 15 ans, survenue dimanche 26 juillet à Fréjus. Les trois hommes, âgés de 22 à 27 ans, ont également écopé d'une interdiction du territoire français (ITF) de cinq ans. Ils devront en outre rester en détention, conformément au mandat de dépôt délivré à l'issue de l'audience.
Une agression gratuite en bord de mer
Les faits se sont déroulés vers 21h30, le long du front de mer de Fréjus. Ludovic (prénom modifié), un jeune touriste de 15 ans, se promenait avec ses deux sœurs, dont Pauline, âgée de 18 ans. Le groupe croise alors trois hommes fortement alcoolisés, qui avaient déjà importuné des enfants sur la plage quelques minutes plus tôt. Selon la version du parquet, les trois individus ont proféré des remarques sexistes au passage de Pauline, suivies d'une insulte.
Ludovic, cherchant à obtenir des explications, a reçu une première gifle de Rafik, 27 ans. Sa riposte par un coup de pied a déclenché une pluie de coups, avec l'arrivée en renfort de Majoub, 27 ans, et Marwan, 22 ans. L'adolescent, mis au sol, a été roué de coups, tandis que ses deux chaînes en or étaient arrachées. Seule l'intervention d'un retraité, témoin de la scène, a permis de mettre fin à l'agression.
Des versions contradictoires face aux preuves
À la barre, les trois prévenus ont tenté de minimiser leur rôle. Majoub a déclaré avoir « cherché à les séparer » avant de s'éloigner, tandis que Marwan a affirmé avoir voulu faire de même, sans y parvenir. Des explications contredites par plusieurs témoignages et par une vidéo amateur, qui, selon le père de Ludovic, « parle d'elle-même ». Les chaînes en or, elles, n'ont jamais été retrouvées, Rafik prétendant qu'elles « ont dû tomber dans le sable ».
Les trois hommes, tous en situation irrégulière, étaient sous le coup d'obligations de quitter le territoire français (OQTF), notifiées pour deux d'entre eux pendant leurs gardes à vue. Rafik, lui, était déjà sous le coup d'une OQTF antérieure. Le procureur Alexandre Apel a qualifié l'agression d'« abjecte » et d'« intolérable de lâcheté », soulignant que les trois adultes « s'en sont pris gratuitement à un gamin » et « se cachent derrière leur consommation d'alcool ».
Une condamnation en deçà des réquisitions
Le ministère public avait requis quatre années d'emprisonnement. Le tribunal a finalement opté pour une peine de dix-huit mois ferme, avec maintien en détention, assortie d'une interdiction du territoire français de cinq ans. Une décision qui intervient alors que la ville de Fréjus, station touristique, subit les conséquences de ce type de comportement, comme l'a souligné le procureur.
Ludovic, qui a confié avoir « eu peur pour ma vie », porte encore les marques physiques de l'agression. Il a expliqué avoir « du mal à sortir de la maison » depuis les faits, et reste sous le choc de cette violence gratuite. Ses vacances au camping de Fréjus ont été écourtées, conclues par cette audience au tribunal correctionnel.



