Au lendemain de la mobilisation nationale contre la vie chère, la France constate l'ampleur des dégâts ce dimanche 18 octobre 2026. Les violences, les pillages et le chaos ont éclipsé la mobilisation, à six mois de l'élection présidentielle. Selon le gouvernement, 1 200 personnes ont été interpellées et 150 policiers et gendarmes ont été blessés. Plusieurs manifestants ont également été blessés, parfois gravement.
Des violences dans toute la France
Dans les rues de Paris comme dans celles des principales villes du pays, des centaines d'institutions et de commerces ont été pris pour cible ce samedi 17 octobre 2026, laissant des rues entières jonchées de débris et de carcasses de deux-roues brûlés en centre-ville. À Marseille, Lille, Angers et Bordeaux, des manifestants ont fait irruption dans les mairies ou dans les préfectures pour les vandaliser. À Lyon, une antenne de l'office de tourisme a été incendiée.
À Limoges, l'Hôtel de Ville, datant du XIXe siècle, a été « en grande partie perdu » dans les flammes. Le préfet de la Haute-Vienne, Maurice Barate, a déclaré dimanche sur LCI que l'incendie volontaire était « circonscrit », précisant que les « pompiers sont en train d'éteindre les dernières braises ». « C'est sciemment que le feu a été mis », a dénoncé le représentant de l'État, en fustigeant « une horde sauvage » à l'origine du sinistre. La partie historique du bâtiment, dont la toiture s'est effondrée, est « quasi 100 % détruite » à l'intérieur, seule la partie arrière de la mairie, moderne, ayant pu être préservée par les pompiers.
Nice et Toulon : des manifestations parasitées
À Nice, après la fin de la manifestation qui a rassemblé environ 4 000 personnes, des centaines de casseurs habillés de noir ont méthodiquement vandalisé puis pillé de nombreux magasins de l'avenue Jean-Médecin. L'avenue était déserte ce dimanche matin. Les employés municipaux ont travaillé une partie de la nuit pour la remettre en état tandis que des policiers patrouillaient en voiture sur les rails du tram. Au moins douze magasins ont été pillés dans le centre-ville, selon un premier bilan du syndicat Alliance Police Nationale transmis à Nice-Matin. Plus de 60 personnes ont été interpellées, selon la même source, tandis que dix policiers ont été légèrement blessés et six véhicules ont été dégradés.
À Toulon, une centaine d'individus ont parasité la manifestation réunissant 4 000 personnes en provoquant des affrontements avec les forces de l'ordre et en saccageant du mobilier urbain et des commerces.
Paris : un « chiffre record » d'interpellations
Les forces de l'ordre ont interpellé 855 personnes samedi à Paris, un « chiffre record », a annoncé dimanche la préfecture de police dans un bilan à 8 heures. Dans la capitale, 13 policiers et gendarmes ont été blessés ainsi que deux sapeurs-pompiers, a ajouté la préfecture, qui a fait état de « groupes violents, caractérisés par leur volume inhabituel (500 à plus de 1 000) ». Le bilan des dégradations et pillages de commerces est en cours mais « l'ampleur des dégâts constatée est significative ».
La première adjointe PS au maire de Paris, Lamia El Aaraje, a déploré dimanche « un manque de moyens » policiers pour mettre un terme aux scènes de pillages constatées samedi jusque dans la nuit dans de nombreux secteurs de la capitale. « Il y a eu clairement, je dirais, un manque de moyens hier soir sur la capitale », « ce n'est pas acceptable de voir à l'image des gens saccager des commerces et s'en prendre physiquement » à des bâtiments, a critiqué sur franceinfo le bras droit du maire socialiste Emmanuel Grégoire.
Un jeune homme gravement blessé à Saint-Étienne
À Saint-Étienne, un jeune de 17 ans a eu la main arrachée par une grenade lancée par les forces de l'ordre. Plusieurs manifestants ont également été blessés, parfois gravement, selon les informations disponibles.
La mobilisation du 17 octobre 2026, qui devait être un moment de contestation contre la vie chère, a été marquée par des violences d'une ampleur inédite. Les autorités locales et nationales s'emploient désormais à évaluer les dégâts et à rétablir l'ordre, alors que le pays se prépare pour l'élection présidentielle dans six mois.