Un conducteur sème la terreur à Modène
Samedi après-midi, un conducteur a percuté huit passants à l'entrée du centre-ville de Modène, en Italie, avant de terminer sa course dans la vitrine d'un magasin. L'incident a plongé la ville dans l'effroi et relancé les débats sur la sécurité et la santé mentale.
Vers 16 h 30, une petite Citroën a déboulé à grande vitesse dans une rue piétonne fréquentée, fauchant des cyclistes et des piétons. La voiture a fini sa course dans la vitrine d'un magasin de vêtements, coinçant une passante qui a été grièvement blessée aux jambes. Selon un témoin, Walter Botorsi, 76 ans, si la voiture avait continué sous les portiques, elle aurait pu tuer davantage. Aucune barrière ne bloquait l'accès à cette rue, comme dans de nombreux centres piétons en Europe depuis les attentats de Nice et Berlin.
Le profil du conducteur
Le conducteur, un Italien d'origine marocaine âgé de 30 ans, a tenté de s'enfuir. Rattrapé par quatre passants, il a sorti un couteau et blessé l'un d'eux avant d'être interpellé. La préfète de Modène, Fabrizia Triolo, a indiqué que l'homme était inconnu des services de police mais avait souffert en 2022 d'un état de perturbation psychique. Il avait été pris en charge pour des troubles schizoïdes, mais son suivi avait été perdu.
Trois blessés étaient encore dans un état grave dimanche matin, dont la passante qui a dû être amputée des jambes. Le président de la République Sergio Mattarella et la présidente du Conseil Giorgia Meloni ont annoncé leur visite au chevet des victimes.
Réactions politiques et sociales
La ville de Modène, située entre Bologne et les usines Ferrari, s'est réveillée sous le choc. Un comité citoyen nommé "L'Insolent" a rassemblé une centaine de personnes pour demander plus de sécurité. Son fondateur, Mattia Meschieri, a dénoncé une dégradation de la situation, rappelant qu'un prêtre avait été poignardé par un étranger au Nouvel An.
Le monde politique a réagi : le centre et la gauche ont salué le courage des passants, dont deux Égyptiens, tandis que l'extrême droite a remis en cause l'intégration des citoyens de deuxième génération. Reda Lafif, un commerçant italien d'origine marocaine, a estimé que l'incident n'était pas un problème lié à l'origine mais un échec du système de santé mentale italien.



