Une centaine de gendarmes et enquêteurs ont repris vendredi matin dans le Tarn les fouilles à l'endroit où Cédric Jubillar affirme avoir enterré le corps de son épouse, Delphine, après l'avoir tuée en décembre 2020, a indiqué à l'AFP la gendarmerie. "Les fouilles vont durer plusieurs jours. Il y a encore des constatations à faire", a déclaré de son côté à l'AFP une source proche du dossier.
Des ossements appartenant au bas du corps
Le peintre-plaquiste de 38 ans a conduit jeudi les gendarmes à une douzaine de kilomètres d'Albi, où des ossements – dont deux fémurs, selon un avocat des parties civiles – ont été retrouvés. Ces ossements, qui appartiennent au "bas du corps", selon une source proche du dossier, doivent être acheminés vers le laboratoire de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) à Pontoise, en région parisienne, pour être analysés, afin d'établir s'il s'agit bien des restes de Delphine Jubillar.
Des fouilles complexes en raison de la dispersion des restes
Les fouilles engagées sur la base des indications de Cédric Jubillar s'annoncent ainsi beaucoup plus longues et fastidieuses que prévu. En effet, les circonstances dans lesquelles le corps aurait été dissimulé, puis dispersé involontairement par un agriculteur, "rendent ce travail particulièrement complexe". Pourquoi ? Parce que le terreau dans lequel aurait été enfoui le corps de Delphine Jubillar a été récupéré pour être épandu sur une terre agricole de Mailhoc. "Avec lui, les ossements auraient été déplacés puis dispersés sur une vaste surface. Les premiers fragments retrouvés jeudi ne constituent donc probablement qu'une partie des restes recherchés", indique La Dépêche du Midi, alors que ce jeudi de nombreux curieux affluaient sur les lieux des fouilles.
Des moyens importants déployés
Après l'arrivée d'une mini-pelle jeudi matin, une grue mobile a été acheminée sur le site ce vendredi, un secteur entièrement bouclé. Les militaires de la section de recherches de Toulouse, épaulés par l'IRCGN, doivent désormais inspecter méthodiquement une parcelle entière afin d'identifier chaque fragment osseux susceptible d'avoir été disséminé lors de l'opération d'épandage.
Un revirement spectaculaire après des années de déni
Mercredi, Cédric Jubillar a été extrait de prison et conduit au palais de justice de Toulouse pour donner sa nouvelle version des faits, à sa demande, deux mois avant son procès en appel, programmé pour débuter le 21 septembre devant la cour d'assises de Haute-Garonne. Le peintre-plaquiste reconnaît désormais avoir commis "un acte abominable", selon un de ses avocats, Pierre Debuisson. Depuis plus de cinq ans et notamment pendant tout son procès très médiatisé devant les assises du Tarn, à l'issue duquel il a été condamné à 30 ans de réclusion en octobre, il avait toujours clamé son innocence.



