Les autorités en savent désormais plus sur la soirée du 1er mai, date à laquelle Pascal Guyot et Sylvie Godard ont été retrouvés morts au domicile de cette dernière, situé à Pierre-de-Bresse, en Saône-et-Loire. La femme a été sauvagement abattue par son ex-conjoint avant que celui-ci ne s'ôte la vie. Un scénario de plus en plus net se dessine, quatre jours après la découverte de deux corps sans vie.
Le déroulé des faits
Sylvie Godard, 64 ans, et Pascal Guyot, 65 ans, ont été tués par balle le 1er mai. Très vite, l'hypothèse du féminicide a été privilégiée. Le parquet de Châlon-sur-Saône est revenu sur cette soirée funeste dans un communiqué relayé par la presse. Le couple s'était séparé il y a peu. Le 1er mai, Pascal Guyot entre par effraction au domicile de Sylvie Godard. Il porte une arme à feu de calibre 22 LR et était alcoolisé. Une dispute éclate entre les victimes. Leur fils de 20 ans, qui était dans sa chambre, rejoint ses parents. C'est alors qu'il voit son père tirer sur sa mère au niveau du visage. Elle s'écroule.
Détenteur d'une arme de type airsoft, le vingtenaire tire à deux reprises sur son père. Ce dernier le menace de lui régler son compte également. Le jeune homme parvient à fuir pour alerter les gendarmes. À leur arrivée, Sylvie Godard présente les marques de deux tirs mortels sans lésion de défense apparente. Pascal Guyot est sans vie sur le canapé, fusil entre les jambes. Il est décédé à la suite d'un tir mortel réalisé par lui-même, le projectile ayant pénétré sous le menton.
Un passé de violences
Le couple de sexagénaires n'était pas connu des services de police pour des faits de violence conjugale. Pascal Guyot, en revanche, avait été condamné, en 2009, à 15 jours d'emprisonnement avec sursis par le tribunal de grande instance de Dôle après des faits de violence sur une ancienne compagne. Le tribunal judiciaire de Lons-le-Saunier l'avait aussi condamné, en 2011, à deux mois d'emprisonnement avec sursis et mise à l'épreuve pendant deux ans pour conduite en état d'ivresse. Il avait aussi conduit son véhicule à gauche d'une voie à double sens.
Selon Jessica, l'une des filles du couple, Sylvie et les autres enfants auraient, la semaine du féminicide, régulièrement contacté les gendarmes pour signaler l'attitude du père : tambourinements à la porte, coupures de courant.
La famille accuse
Auprès de France 3 Bourgogne Franche-Comté, leur fille Jennifer a déclaré que la situation se dégradait depuis plusieurs jours. Toujours devant nos confrères, elle a jugé que ce drame aurait pu être évité. Ça fait une semaine qu'on se battait, on voulait qu'il soit arrêté, qu'il ait une mesure d'éloignement. On devait aller porter plainte cette semaine. On n'a pas eu le temps. Les enfants avaient installé quelques jours plus tôt une caméra devant chez leur mère, afin de surveiller les allées et venues de leur père. Il s'amusait à couper le disjoncteur pour qu'on n'ait pas les images, rapporte Jennifer. Elle raconte aussi que sa mère avait alerté les gendarmes le soir de sa mort, vers 18h30, 18h45. Les gendarmes ont soufflé au téléphone. Sylvie Godard aurait ensuite tenté d'appeler sa fille, qui ne décroche pas et ne rappelle qu'à 19h10. Silence radio.
Aujourd'hui, Jennifer appelle à ce que la mort de sa mère soit reconnue comme un assassinat. Les autorités ont requis des analyses toxicologiques, Pascal Guyot étant sous l'empire de l'alcool au moment des faits. L'enquête au chef d'homicide volontaire avec préméditation continue.
Vous êtes victime de violences conjugales ? Plusieurs lignes d'alerte existent : le 17, le 112 ou par SMS en 114, et le 3919, numéro d'écoute, d'information et d'orientation pour les femmes.



