Alors que la France suffoque sous une canicule record, les partis de droite accusent les écologistes d'être responsables du manque de climatiseurs et de la mauvaise gestion de l'eau. Selon un sondage Elabe pour BFMTV, 68% des Français estiment que le gouvernement n'a pas pris les mesures nécessaires pour faire face à la canicule.
Des accusations sans fondement
Les Républicains (LR) et le Rassemblement National (RN) ont multiplié les attaques contre les écologistes, les rendant responsables de la situation. « Les écolos ont interdit les climatiseurs et les piscines, maintenant on crève de chaud », a déclaré un député LR, cité par Libération. Pourtant, aucune interdiction de ce type n'existe en France. Les climatiseurs sont autorisés, et leur utilisation est même encouragée dans les bâtiments publics.
De son côté, le RN a accusé les écologistes d'avoir « vidé les barrages » et « laissé les rivières s'assécher » pour protéger les poissons. Une affirmation démentie par les gestionnaires de l'eau, qui rappellent que les barrages sont gérés par des organismes publics et que les écologistes n'ont aucun pouvoir de décision direct.
Un discours populiste
Pour le politologue Jean-Yves Camus, « ces attaques sont un classique de la droite populiste : désigner un bouc-émissaire pour détourner l'attention de l'inaction gouvernementale ». Il ajoute que « les écologistes sont une cible facile car ils sont perçus comme une minorité influente, alors qu'en réalité, ils sont rarement aux commandes des décisions politiques ».
Le Parti Socialiste et La France Insoumise ont dénoncé ces « fake news » et appelé à l'unité nationale pour faire face à la canicule. « On ne combat pas la chaleur en divisant les Français », a tweeté un député socialiste.
Des conséquences mortelles
La canicule a déjà fait plusieurs morts, notamment parmi les personnes âgées et isolées. Selon Santé Publique France, 1 500 décès supplémentaires ont été enregistrés lors de la canicule de 2003, et les autorités craignent un bilan similaire cette année. Le gouvernement a activé le plan canicule, mais les associations dénoncent un manque de moyens.
« Les accusations contre les écologistes sont une honte pendant que des gens meurent », a déclaré la secrétaire nationale d'EELV, Marine Tondelier. « Au lieu de chercher des responsables, il faut agir pour protéger les plus vulnérables et investir dans des solutions durables comme la végétalisation des villes et la rénovation thermique des bâtiments. »
Une instrumentalisation politique
Cette polémique intervient alors que les élections législatives approchent. Pour le journaliste politique Abel Mestre, « la droite tente de capitaliser sur la colère des Français en désignant un ennemi commode. Mais cette stratégie pourrait se retourner contre elle si la canicule s'aggrave et que les mesures concrètes manquent ».
Selon un récent baromètre de l'IFOP, 62% des Français estiment que les partis politiques instrumentalisent les catastrophes naturelles à des fins électorales. Une majorité qui pourrait sanctionner les responsables politiques lors des prochains scrutins.



