Le 5 juillet 2025, la cour d'assises de Paris a ouvert le procès du féminicide d'Assia B., une jeune femme de 29 ans dont le corps démembré avait été découvert en avril 2023 dans le parc des Buttes-Chaumont. L'accusé, son ex-compagnon âgé de 34 ans, comparait pour meurtre aggravé par la préméditation et par le statut de conjoint. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Les faits : un crime atroce
Le 15 avril 2023, des promeneurs avaient découvert des sacs-poubelle contenant des restes humains dans une zone boisée du parc. L'identification rapide de la victime, grâce à ses empreintes digitales, avait conduit à l'interpellation de son ex-compagnon, déjà connu pour des faits de violences conjugales. Selon l'enquête, Assia B. avait été tuée par strangulation avant d'être démembrée à l'aide d'une scie. Son corps avait ensuite été dispersé dans plusieurs endroits du parc.
Les déclarations de l'accusé
À l'ouverture du procès, l'accusé a déclaré : « Je suis sûr que je vais mourir », évoquant des menaces de mort reçues en détention. Son avocate, Me Isabelle Dupont, a demandé des mesures de sécurité renforcées, soulignant que son client « vit dans la peur constante de représailles ». L'accusé a reconnu les faits matériels mais conteste la préméditation, plaidant un « geste de folie » dans un contexte de séparation conflictuelle.
Le parcours de la victime
Assia B., mère d'un enfant de 7 ans, avait déposé plusieurs plaintes pour violences conjugales entre 2020 et 2022, dont une classée sans suite. Selon les associations féministes, son cas illustre les défaillances du système de protection des victimes. « Assia avait alerté les autorités à plusieurs reprises. Elle aurait dû être protégée », a déclaré en marge du procès une porte-parole de l'association « Féminicides par compagnon ou ex ».
Les enjeux du procès
Le procès, prévu pour durer trois semaines, doit déterminer la responsabilité pénale de l'accusé. Les expertises psychiatriques le décrivent comme « narcissique et manipulateur », avec une dangerosité criminologique élevée. La cour devra également se prononcer sur la préméditation, élément aggravant qui pourrait conduire à la perpétuité. Selon le parquet, l'achat de la scie et des sacs-poubelle avant les faits constitue une preuve de préméditation.
Un procès sous haute surveillance
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le palais de justice pour rendre hommage à Assia B. et réclamer des peines exemplaires. Des mesures de sécurité exceptionnelles ont été déployées, avec un dispositif policier renforcé. La famille de la victime, présente dans la salle d'audience, attend « justice pour Assia », selon leur avocat.
Les chiffres des féminicides en France
Selon le ministère de l'Intérieur, 118 féminicides ont été recensés en France en 2023, soit une augmentation de 20 % par rapport à 2022. Ce procès s'inscrit dans un contexte de prise de conscience sociétale, avec des appels répétés à mieux protéger les femmes victimes de violences. Le verdict est attendu pour le 25 juillet 2025.



