Ce samedi matin, lors de la novillada de la Feria de Nîmes, le novillero français Victor a coupé deux oreilles de son second adversaire, un mastodonte de 607 kg, s'offrant une prestation remarquée devant 3 500 spectateurs. Mario Vilau, numéro un de l'escalafón, a également obtenu un trophée, tandis que Manuel Quintana est reparti bredouille.
Un lot d'Hermanos Sandoval impressionnant mais inégal
Le lot de novillos d'Hermanos Sandoval, présenté à la commission taurine, avait suscité de nombreux commentaires. Avec un poids moyen de 545 kg, dont un cinquième utrero pesant 607 kg, ces bêtes d'El Escorial ont impressionné par leur volume à leur entrée en piste. Leurs armures étaient adaptées à une novillada, et leur trapio sérieux ne manquait pas d'harmonie, à l'exception du 5e, ces novillos se révélant très hauts et longs.
Cependant, leur comportement a péché : un lot noble mais manquant de race et de transmission pour Mario Vilau, tandis que Manuel Quintana a dû faire face à un premier adversaire noble mais faible, puis à un second dangereux. Dans ce contexte, Victor a hérité du meilleur lot.
Victor frôle la Porte des Consuls
Victor, originaire des Saintes-Maries-de-la-Mer, aurait pu décrocher sa troisième Porte des Consuls en deux ans à Nîmes, s'il n'avait pas conclu son premier combat par une épée très basse et atravesada. Ses qualités sont bien connues de l'aficion locale : doté d'une vraie singularité et d'un courage froid impressionnant, il ne cède jamais une once de terrain à ses adversaires, incarnant à merveille la notion d'aguante.
Lors de cette matinale, Victor a livré deux faenas particulièrement abouties. Il a entamé la première par d'étonnantes bernardinas au centre de la piste, avant d'enchaîner les séries avec verticalité sur les deux rives, en passant les toros au plus près de sa taleguilla. C'est sans doute l'une des faenas les plus abouties de sa jeune carrière, face à un toro plein de suavité. Cependant, une vilaine lame l'a privé de récompense.
Face au mastodonte de 607 kg sorti en cinquième position, le Français a de nouveau convaincu. Les meilleures séries ont été dessinées sur la rive droite, et il a su embraser le public dans le final avec des redondos serrés. Une épée portée en avant lui a cette fois ouvert la porte des succès avec l'attribution de deux oreilles, la seconde étant empreinte de générosité.
Vilau récompensé, Quintana déçoit
Mario Vilau a hérité d'un lot noble mais manquant notoirement de race, de fond et de transmission. Le numéro un de l'escalafón a affiché une envie de tous les instants, s'illustrant notamment par deux réceptions au toril a porta gayola et un toreo très varié. Grâce à sa technique et sa douceur, il a su extraire les derniers brins de force de ses deux opposants pour bâtir deux faenas méritoires. Une oreille puis une vuelta ont salué sa constance et son allant.
Manuel Quintana, novillero de Cordoue tout juste vainqueur du certamen d'Andalousie, n'a guère eu l'occasion de briller. Il a démontré un réel potentiel lors de sa superbe réception à la cape et par de belles séquences de naturelles face à son premier adversaire. Il a ensuite produit un effort méritoire pour faire face au danger et à la violence du dernier Hermanos Sandoval, avant de pécher avec les aciers.
La fiche de la novillada : 3 500 spectateurs. Novillos de Hermanos Sandoval. Mario Vilau : oreille après avis et vuelta après avis. Victor : vuelta après avis et deux oreilles. Manuel Quintana : salut et silence après avis.



