Le lundi 18 mai, au palais de justice d'Alès, dans le Gard, un homme de 51 ans a été jugé en comparution immédiate pour des violences commises lors de la feria de l'Ascension. Son casier judiciaire mentionne douze condamnations, toutes liées à des problèmes avec les forces de l'ordre. Interpellé le 15 mai, il était en détention provisoire.
Un échange tendu avec la présidente
La présidente Élodie Thebaud lui a fait remarquer qu'il avait « un problème avec l'autorité ». Le prévenu a répondu : « Oui ! Des fois, les gens de l'autorité sont un peu bêtes aussi… » Une déclaration qui a stupéfié la magistrate : « Ce n'est pas audible d'entendre ça. »
Les faits : une agression en état d'ivresse
Le soir de la pégoulade, des festaïres ont alerté la police en voyant l'homme allongé au sol, fortement alcoolisé. Les agents sont venus lui porter secours, mais dès qu'ils l'ont aidé à se relever, il s'en est pris à eux : insultes, coups de pied, crachats. Les policiers ont dû lui mettre un masque chirurgical pour l'empêcher de cracher. Ce comportement s'est poursuivi jusqu'en cellule de garde à vue.
La défense invoque le trou noir
À la barre, le prévenu, alcoolique depuis trente ans, a déclaré : « Je ne me souviens plus de rien. Je regrette ce que j'ai fait. » Il a expliqué avoir fêté son anniversaire quelques jours plus tôt et être sorti attiré par le bruit de la feria, mais « c'est le trou noir ». Son avocate, Me Anaïs Farget, a souligné sa sincérité et évoqué « une problématique plus profonde ».
Les réquisitions et la condamnation
Me Jean-François Corral, avocat des trois policiers parties civiles, a déclaré : « Dans la vie, il y a des frustrations qu'il faut s'imposer. » Le procureur Abdelkrim Grini, « abasourdi par les propos tenus », a requis 18 à 24 mois de prison ferme, estimant que l'homme ne réalisait pas « la chance de vivre dans un pays comme la France, où les policiers respectent la loi ». Le tribunal a condamné le prévenu à 18 mois de prison, dont huit avec sursis probatoire renforcé, avec maintien en détention.



