Fausse structure du ministère de la Justice : une Bretonne écrouée
Fausse structure du ministère : une Bretonne écrouée

Une femme de 38 ans, habitante de la région de Quimper (Finistère), a été mise en examen et placée en détention provisoire ce lundi 28 septembre pour avoir créé une « structure fictive se réclamant du ministère de la Justice ». Selon le parquet de Quimper, elle se présentait comme la directrice de cette entité fictive, censée superviser la protection de l’enfance. Les investigations ont révélé que la suspecte, déjà condamnée à cinq reprises dont trois fois pour escroquerie, aurait dupé huit faux salariés et de nombreux commerçants.

Une structure fictive basée sur de faux logos officiels

La procureure de Quimper, Cécile Flamet, a décrit dans un communiqué une entité « créée de toutes pièces, sur la base de documents falsifiant des pièces et logos officiels ». Cette fausse structure louait des bureaux et des voitures, et achetait « de nombreux biens, notamment des tenues de service et du matériel informatique ».

Les commerçants qui ont fourni des véhicules, du matériel informatique ou des fournitures de bureau n’ont jamais été payés. Les propriétaires des bureaux loués sont également restés impayés. Les huit personnes recrutées au moyen de faux contrats de travail avaient été convaincues de travailler à la création d’un service chargé d’améliorer la prise en charge de l’enfance, a précisé la procureure.

Des employés trompés et non payés

Ces employés n’ont « perçu aucun salaire, la responsable invoquant des délais liés à la prise en charge administrative d’une structure nouvellement installée ». En mars, l’Inspection du Travail et l’unité régionale chargée de la lutte contre le travail illégal (URACTI) ont informé les employés de « la supercherie dont ils avaient été victimes ». Ce sont leurs déclarations qui ont permis d’identifier la suspecte.

La femme a été mise en examen en juillet pour escroquerie au préjudice d’un organisme public, faux, usage de faux et travail dissimulé. Elle encourt jusqu’à 14 ans d’emprisonnement, a ajouté la magistrate.

Un complice sous contrôle judiciaire

Un homme de 49 ans, qui se présentait comme son comptable et directeur de cabinet, a également été mis en examen pour escroquerie, travail dissimulé et activité de gestion malgré interdiction. Placé sous contrôle judiciaire, il encourt jusqu’à 5 ans de prison.

Les investigations à venir devront établir l’importance des préjudices financiers. « À ce stade, aucun élément n’indique que des fonds publics ont été versés », précise la procureure.