Famille d'Amir tué à Fréjus dénonce une récupération politique du drame
Famille d'Amir tué à Fréjus dénonce une récupération politique

À La Gabelle, quartier de Fréjus, l'ambiance est lourde de tristesse et d'incompréhension depuis dimanche matin. Dans la nuit du 27 au 28 juin, Amir, 19 ans, a été tué de plusieurs coups de couteau à Fréjus-Plage. Le principal suspect, un individu de 20 ans sous obligation de quitter le territoire français (OQTF), a été interpellé et placé en détention provisoire. Ses proches, accablés par la douleur, veulent aujourd'hui rétablir ce qu'ils considèrent comme la vérité, à commencer par réfuter la qualification de « rixe entre bandes alcoolisées ».

Un jeune homme travailleur et sans histoires

Au pied de leur immeuble, ses cousines, sa sœur, son père et son grand-père, entourés de nombreux proches, racontent qui était Amir. « C'est un choc immense. On ne réalise toujours pas », confie sa sœur Linda. Quelques heures avant le drame, toute la famille célébrait le mariage de Linda, 20 ans. « En vingt-quatre heures, on est passé du tout au tout », ajoute-t-elle. Amir est décrit comme un jeune homme travailleur, « toujours à se soucier des autres ». Titulaire d'un baccalauréat professionnel en électricité, il travaillait comme technicien fibre optique le jour et effectuait des livraisons pour Uber Eats le soir. « Il voulait qu'on ne manque de rien. Il se cassait le dos pour nous », témoigne son père, Aziz.

Le grand-père d'Amir, assis sur une chaise, peine encore à réaliser. « Pourquoi ça nous arrive à nous ? D'un seul coup, tout bascule. Nous sommes anéantis. » La mère, elle, n'a pas trouvé la force de quitter son appartement. La veille, elle s'est rendue sur les lieux du drame. « Elle a récupéré le sang de son fils sur le sol avec un chiffon. Elle voulait garder quelque chose de lui. Elle ne mange plus, ne parle plus. Et en plus, elle entend des horreurs sur son fils, qu'on présente comme un délinquant, qui passe la nuit dehors à boire. Il détestait l'alcool ! », s'indigne Linda.

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Une générosité fatale

Pour ses proches, c'est cette générosité qui a coûté la vie à Amir. « Cette nuit-là, des jeunes du quartier sont venus le prévenir que d'autres étaient importunés par un homme dangereux. Il est parti pour aller les récupérer. Il était loin d'imaginer ce qui l'attendait… », témoigne Bilel, son frère de 15 ans. Ses amis décrivent un jeune homme « qui ne s'énervait jamais », « qui n'avait jamais eu d'histoires ni de problèmes ». « Il privilégiait toujours le dialogue, l'apaisement. Depuis les faits, certains parlent de lui comme d'un délinquant de quartier. On habite à La Gabelle, mais ça ne fait pas de nous des racailles. Les gens salissent Amir sans l'avoir jamais connu », ajoutent-ils.

« Récupération politique » et colère

Au-delà du deuil, la famille exprime sa colère face à ce qu'elle considère comme une récupération politique du drame. « Le maire de Fréjus ne parle que de l'OQTF. On oublie qu'il y a une famille endeuillée. Ça nous blesse de le voir sur les plateaux de télévision alors qu'il ne s'est même pas manifesté auprès de nous », dénonce Linda. Les proches souhaitent également que les circonstances exactes des faits soient établies. « Amir a été poignardé à la gorge. Mais on ne saura pas exactement, on nous a aussi dit que la seule caméra de surveillance présente sur les lieux ne fonctionnait pas. Si une caméra de notre quartier tombait en panne, elle serait remplacée dans la journée. Ça aussi, on ne comprend pas. »

Une promesse tenue par les amis

Amir laisse une petite sœur de 11 ans. Il lui avait promis un premier téléphone portable si elle obtenait de bons résultats au collège. Il n'en aura pas eu le temps. Ses amis se sont cotisés pour lui acheter le téléphone. « Ils nous entourent, ils essaient de combler le vide. Mais personne ne pourra jamais remplacer Amir », s'étrangle Linda. Les proches ont lancé une cagnotte en ligne pour soutenir la famille. En vingt-quatre heures, plus de 11 000 euros ont été récoltés. Sa sœur et ses cousines savent déjà comment cette somme sera utilisée. « Nous voulons en faire quelque chose qui lui ressemble. Nous pensons financer un puits d'eau potable pour venir en aide aux plus démunis. C'est ce qu'il aurait voulu. »

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