Un traumatisme transformé en création
Le 14 juillet 2016, à Nice, un attentat au camion-bélier a coûté la vie à 86 personnes, dont la mère de Célia Viale. Dix ans plus tard, l'artiste plasticienne, également éleveuse de vers à soie, a développé une pratique artistique centrée sur le vivant et ses cycles. Son œuvre Exuvie, présentée sur un piédestal blanc, incarne ce chemin de reconstruction.
Qu'est-ce que l'Exuvie ?
Le terme exuvie, issu du latin exuviae (« dépouilles »), désigne l'enveloppe cutanée rejetée par certains animaux lors de la mue. L'œuvre de Célia Viale se déploie comme une chrysalide, tissée de fils divers et de papiers patinés, d'un vert profond bordé de franges denses, évoquant à la fois le règne animal et végétal. Selon l'artiste, cette peau abandonnée est le cœur d'un processus de résilience : « C'est cette enveloppe devenue trop étroite, douloureuse ou encombrante, que l'on décide de laisser derrière soi pour pouvoir revivre. C'est nous, mais en mieux. »
Un hymne à la survie
À travers le geste répétitif et ancestral du tissage, Célia Viale ne cherche pas à effacer le passé, mais à composer avec lui. Exuvie est rugueuse, texturée, marquée par les reliefs de l'existence, mais témoigne d'un passage vers la lumière. « Cette peau abandonnée mais sacralisée est la preuve que l'on peut survivre au traumatisme, changer de forme, et habiter à nouveau le monde. Différemment », explique-t-elle. L'œuvre est présentée comme un « hymne à la (sur)vie », symbole de la résilience humaine.



