Ce lundi 15 juin, le tribunal de Grasse a condamné un homme, identifié comme B., à 18 mois d'emprisonnement pour s'être masturbé devant une mère et ses deux filles mineures, alors qu'elles étaient attablées à la terrasse d'une boulangerie. L'affaire a suscité une vive émotion, notamment en raison du comportement provocateur du prévenu durant l'audience.
Des faits troublants
Les faits se sont déroulés en plein jour, dans un quartier fréquenté de Grasse. La mère et ses deux filles, âgées de moins de 15 ans, dégustaient une pâtisserie lorsqu'un homme a commencé à tourner autour d'elles en émettant des grognements. Selon le témoignage des jeunes victimes, l'individu s'est ensuite masturbé devant elles, les plongeant dans un état de peur et de sidération.
« Il tournait autour de nous en poussant des grognements, on avait peur, on ne voulait pas croiser son regard », ont-elles raconté à la barre, soutenues par leur mère. Cette dernière a rapidement trouvé refuge à l'intérieur de la boulangerie avec ses filles et a donné l'alerte. La police, arrivée sur les lieux, a procédé à l'arrestation de B., qui a été placé en détention.
Un prévenu provocateur
À l'audience, B. a adopté une attitude désinvolte, niant les faits et affirmant avoir simplement « regardé fixement » les victimes. Encadré par deux escortes, il s'est agité, baillant ostensiblement et regardant en riant vers le banc des victimes. La présidente du tribunal, Caroline Chassain, a dû le rappeler à l'ordre : « Vous arrêtez de fixer les victimes maintenant, vous regardez le tribunal. »
Les jeunes filles ont exprimé leur traumatisme : « Après ça, j'ai refusé de me rendre au collège, a expliqué la plus jeune. J'ai eu peur que ce soit arrivé à cause de mes vêtements, je portais un short. Parfois, je ne sais plus comment m'habiller pour descendre à Grasse. » Un silence pesant a envahi la salle d'audience.
Les réquisitions du parquet
L'avocate de la défense, maître Sandra Russo, a tenu à rassurer les victimes : « Si quelqu'un se comporte mal, ce n'est pas de votre faute ni de celle de votre tenue. » Le procureur Paul-Marie Ferri a renchéri : « Évidemment qu'on peut encore s'habiller comme on veut aujourd'hui en France. Monsieur B., s'il y a quelque chose qu'il doit retenir de cette audience, c'est que personne ne veut voir son sexe. » Il a requis 18 mois d'emprisonnement avec maintien en détention.
La question de la santé mentale
L'avocate de la défense a plaidé pour une peine alternative, soulignant que B. souffre de schizophrénie et avait arrêté son traitement. « Sa place n'est pas en prison, a-t-elle déclaré. La prison ferme va-t-elle lui permettre d'être suivi ? » Elle a insisté sur la nécessité d'une obligation de soins.
Le tribunal a finalement opté pour une peine mixte : 18 mois d'emprisonnement, dont 12 assortis d'un sursis probatoire de trois ans, avec obligation de soins. B. a également été inscrit au FIJAIS (fichier des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes) et s'est vu interdire définitivement toute activité en lien avec des mineurs.



