Elle meurt après une chute du 3e étage à Bursa : son mari interpellé
Elle meurt après une chute du 3e étage à Bursa

Le lundi 3 août 2026, une femme enceinte de sept mois est décédée à Bursa, dans l'ouest de la Turquie, après avoir chuté du troisième étage de son immeuble. Son mari, âgé de 37 ans, a été interpellé par la police. Selon l'agence de presse privée turque IHA, l'homme est soupçonné de toxicomanie et a été placé en garde à vue.

Le drame s'est produit au domicile du couple, un appartement situé au troisième étage d'un immeuble de Bursa, une ville de 3,2 millions d'habitants. La victime, âgée de 35 ans, était de nationalité étrangère, précise l'agence IHA, qui n'a pas communiqué son pays d'origine. Le mari se trouvait dans l'appartement au moment des faits.

Chute mortelle : ce que l'on sait

La femme est tombée du balcon de l'appartement familial. Les circonstances exactes de cette chute restent à déterminer. L'homme a été interpellé après le décès de son épouse. Sa garde à vue doit permettre aux enquêteurs de comprendre ce qui s'est passé. Aucune information n'a encore été communiquée sur d'éventuelles poursuites judiciaires.

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La seule piste évoquée par l'agence IHA est la toxicomanie suspectée du mari. On ignore si une dispute a précédé la chute ou si la victime a fait une mauvaise chute. L'enquête devra établir s'il s'agit d'un homicide, d'un accident ou d'un suicide.

La Turquie ne publie pas de chiffres officiels sur les féminicides

Ce drame relance le débat sur les violences faites aux femmes en Turquie. Le pays ne publie pas de statistiques officielles sur les féminicides. Cette mission revient aux organisations de femmes, qui collectent les données à partir d'articles de presse et de témoignages.

Selon les chiffres compilés par l'organisation « Nous mettrons fin aux féminicides », 215 femmes ont été tuées ou retrouvées mortes dans des circonstances suspectes au cours des sept premiers mois de 2026. En 2025, la même plateforme recensait au moins 294 femmes tuées par des hommes, ainsi que 297 décès « suspects » supplémentaires, comme des chutes mortelles depuis les balcons.

Ces décès sont souvent classés comme « non élucidés » ou « suicides » par les autorités, ce qui souligne une possible sous-estimation du phénomène. Les chutes de balcon constituent un mode opératoire particulièrement difficile à qualifier, alimentant l'inquiétude des associations.

La convention d'Istanbul, un engagement dénoncé en 2021

En juillet 2021, la Turquie a dénoncé son adhésion à la convention d'Istanbul, un traité du Conseil de l'Europe qui impose d'enquêter sur les morts violentes de femmes. Cette décision avait été critiquée par les défenseurs des droits des femmes, qui y voyaient un recul dans la lutte contre les violences conjugales.

En quittant cette convention, le pays n'est plus tenu par ces obligations de prévention et de poursuite. Ce contexte est régulièrement rappelé par les associations lorsqu'un nouveau décès survient dans des circonstances troubles.

Un débat plus large sur les violences conjugales

Le drame de Bursa s'ajoute à une liste de cas similaires rapportés par la presse turque. Le manque de données officielles rend difficile une évaluation précise de l'ampleur du phénomène dans le pays.

L'interpellation du mari ne préjuge pas de sa culpabilité. La garde à vue doit permettre de recueillir son témoignage et d'analyser les éléments matériels. L'enquête déterminera si la chute était accidentelle ou si des violences ont été commises.

En attendant, les organisations de femmes continuent de recenser les morts et d'interpeller les pouvoirs publics. Le cas de Bursa illustre une nouvelle fois la difficulté de faire émerger la vérité dans des affaires où les victimes sont souvent des femmes.

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