Livraisons par drones en prison : un couple condamné à Draguignan
Drones en prison : couple condamné à Draguignan

Le tribunal correctionnel de Draguignan a condamné ce vendredi 31 juillet un couple originaire de l'Hérault à deux ans et 17 mois d'emprisonnement ferme pour avoir livré par drones des stupéfiants et des téléphones portables aux détenus de la maison d'arrêt de Draguignan. Interpellés deux jours plus tôt dans leur appartement de location, Ibrahim et Chloé ont été reconnus coupables de ces faits.

Une livraison interceptée par les surveillants pénitentiaires

Les policiers ont pu remonter jusqu'au couple grâce à la radiofréquence émise par le drone durant son vol jusqu'à la maison d'arrêt. Une livraison effectuée deux jours avant leur interpellation avait été interceptée par les surveillants pénitentiaires, permettant aux enquêteurs de localiser la source d'émission.

Dans l'appartement loué à proximité de la prison, les forces de l'ordre ont découvert deux drones, des batteries, des chaussettes remplies de seringues, d'anabolisant, de résine de cannabis, de cocaïne, de téléphones portables et de cartes SIM. La panoplie complète du « droniste ».

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Des vacances entre deux livraisons

Le couple, originaire de Béziers, se rendait dans le Var depuis plusieurs semaines. Seule titulaire du permis de conduire, Chloé conduisait tandis qu'Ibrahim pilotait les drones. « J'accompagnais juste mon copain, je ne regardais pas ce qu'il faisait », a-t-elle plaidé, ajoutant : « Moi, j'en profitais pour aller visiter les gorges du Verdon ». La procureure Laurence Barriquand a répliqué : « Oui, mais sans vous, votre ami n'aurait pas pu envoyer ces drones ».

Le neveu d'Ibrahim, âgé de 17 ans, également interpellé, sera jugé devant le tribunal pour enfants dans quelques semaines. À l'issue de leurs peines, Ibrahim et Chloé devront respecter une interdiction du Var durant cinq ans.

Des « lampistes » du trafic de stupéfiants

Ibrahim a avoué avoir été payé 1 000 euros pour ce travail, déniché du côté de Marseille. Une aubaine pour le couple, sans emploi depuis janvier dernier. Me Thierry Debard, en défense, a déclaré : « Madame a voulu joindre l'utile à l'agréable. Elle sait ce que fait Ibrahim, mais elle nie l'évidence. Lui, par ailleurs, ignore le contenu des colis. Ce sont des lampistes du trafic. »

La procureure a fustigé ces petites mains « indispensables pour alimenter le trafic en détention ». Elle a ajouté : « Il y en a marre de vos pleurs, Madame. De ces dénégations à bientôt 26 ans. Votre responsabilité est immense dans cette chaîne de meurtres, de règlements de comptes, de séquestrations issus du trafic de stupéfiants. »

Une méthode de plus en plus répandue

Cette affaire illustre l'utilisation croissante des drones pour introduire des objets interdits en prison. Les forces de l'ordre disposent désormais d'outils technologiques permettant de remonter jusqu'à la source d'émission, comme l'a rappelé le président du tribunal. Une pratique qui touche plusieurs établissements pénitentiaires en France, nécessitant une vigilance accrue des autorités.

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