Procès à Nice : neuf ans après le drame de Blausasc, trois prévenus jugés
Drame de Blausasc : le procès s'ouvre à Nice

Le tribunal correctionnel de Nice examine ce vendredi 23 octobre les circonstances de la mort de Diego Vivancos, un adolescent de 17 ans, survenu le 6 septembre 2017 à Blausasc. Trois prévenus comparaissent pour homicide involontaire : le maire de la commune, Michel Lottier, l'entraîneur présent lors du drame, et le pôle espoir Cyclisme Nice Côte d'Azur, rattaché à l'établissement scolaire Don Bosco.

Un camion de 32 tonnes face à un jeune cycliste

Ce jour-là, le groupe de cyclistes emprunte la route de la Grave, une descente au cours de laquelle Diego chute. Un camion-benne de 32 tonnes débouche du virage et ne peut éviter l'adolescent au sol. Selon Sophie, sa mère, la présence de gravillons a pu rendre la chaussée glissante. Elle souligne que cette route était interdite aux camions et s'interroge sur les conditions d'encadrement de cette sortie, organisée à la rentrée, ainsi que sur les mesures de sécurité qui auraient dû être prises.

« On confie nos enfants à l'encadrement sportif. On a bien conscience qu'ils sont là pour les pousser, pour avoir des résultats. C'est leur travail. Mais pas pour les mettre en danger », confie la mère de famille.

Un adolescent passionné et discipliné

La famille garde aussi le souvenir d'une annonce particulièrement brutale. Alors que les proches n'avaient pas encore été informés de l'accident, le père de Diego a reçu un appel d'un entraîneur lui présentant ses condoléances. Le décès de son fils avait déjà été évoqué sur les réseaux sociaux.

Passionné de VTT, l'adolescent « aimé de tous » s'était investi dans ce sport au point d'intégrer, dès l'âge de 13 ans, une structure sportive en Isère, à 500 km de son village natal de Gassin (Var), avant de rejoindre le pôle espoirs de Nice. Diego était un spécialiste du whip, une figure spectaculaire et technique. Discipliné, il avait adapté son quotidien aux exigences de sa pratique, entre entraînements, alimentation et récupération. Pour Sophie, son fils n'était « pas un casse-cou » et avait l'habitude de dire : « si vous voulez vous faire plaisir, c'est comme la moto, il y a des circuits pour ça ».

En juillet 2017, quelques semaines avant sa mort, il avait réalisé l'un de ses rêves en participant à une épreuve à l'Alpe d'Huez, où il avait terminé deuxième dans sa catégorie.

Une procédure longue, des réquisitions de non-lieu

La procédure a été longue. Par deux fois, le parquet a émis des réquisitions à des fins de non-lieu. Mais l'obstination d'un juge d'instruction a permis le renvoi de l'affaire devant le tribunal correctionnel de Nice. Pour les parents de Diego, cette audience représente une étape importante après des années d'attente. Ils disent ne pas préjuger de la décision qui sera rendue et affirment faire confiance à la justice.

« On voudrait que ce soit reconnu. On voudrait qu'au moins, les choses soient entendues et jugées », confie la mère de l'adolescent. « Il ne faut plus que ça arrive », insiste-t-elle. Au-delà de la recherche de responsabilités, les parents souhaitent que cette audience contribue à sensibiliser les familles et les structures sportives aux risques auxquels les jeunes athlètes peuvent être exposés lors des entraînements.

Les avocats des prévenus plaideront la relaxe

« La perte de Diego a profondément marqué le pôle espoirs, et plus généralement l'établissement Don Bosco. Au-delà de cette dimension humaine évidente, je considère que le pôle espoirs n'a commis aucune faute de négligence et d'imprudence susceptibles d'entraîner sa responsabilité pénale, et qu'il devra donc être relaxé », annonce Me Mathurin Lauze, conseil de la structure.

« Nous ne sommes pas là pour juger une émotion, mais pour juger une responsabilité pénale. Et l'entraîneur poursuivi n'est pas responsable pénalement », souligne de son côté Me Eric Borghini, tout en reconnaissant le caractère dramatique de la mort de l'adolescent. Il plaidera lui aussi la relaxe.