Près de deux mois après la découverte d'ossements humains dans les Bouches-du-Rhône, les analyses ADN ont formellement identifié les restes de Jacques Pakeso et Mike Gineste, deux militaires portés disparus dans le Var entre 2022 et 2023. L'annonce a été faite ce lundi par le procureur de la République de Toulon, Raphaël Balland, qui a précisé que les investigations se poursuivent pour déterminer les circonstances exactes de leur mort.
Identification des ossements
Les ossements ont été mis au jour fin mai 2026, sur deux sites distincts, après les indications fournies par François-Édouard Akau, l'un des fils de la famille Akau Vegi-Wing, placé en garde à vue le 26 mai. Les expertises génétiques, réalisées en urgence, ne laissent aucun doute : il s'agit bien de Jacques Pakeso, 25 ans, disparu après avoir échoué à sa formation à l'école des matelots près de Toulon en 2022, et de Mike Gineste, 34 ans, légionnaire au 1er régiment étranger de cavalerie, considéré comme déserteur depuis mai 2023.
Les circonstances du drame
Selon les déclarations de François-Édouard Akau, les deux victimes auraient été étranglées à mains nues. Il a décrit sa mère, Francesca Héléna Vegi-Wing, 52 ans, comme l'instigatrice des homicides, affirmant qu'elle « avait la haine dans les yeux ». Svensio Akau, 29 ans, serait l'exécutant. Tous deux ont été mis en examen pour meurtres, tout comme François-Édouard. Les suspects contestent leur implication, mais les preuves matérielles et les témoignages les accablent.
Le rôle du clan Akau Vegi-Wing
Le clan familial, originaire d'Océanie, est accusé d'avoir attiré les militaires ultramarins via des soirées polynésiennes. Win Emmalani Akau Vegi-Wing, dite « Emma », jouait le rôle d'appât. Les proies, souvent isolées et vulnérables, se voyaient offrir hébergement et nourriture avant d'être dépouillées puis tuées. Jacques Pakeso avait été hébergé au printemps 2022 après avoir perdu son logement ; Mike Gineste, après avoir entamé une relation avec une femme du clan en septembre 2022, avait porté plainte pour vol de ses effets personnels et économies en avril 2023 avant de disparaître.
Violences et traite d'êtres humains
L'enquête de la section de recherches de la gendarmerie maritime a mis en évidence des faits présumés de violences physiques et psychologiques entre 2011 et 2025, concernant au moins sept autres victimes identifiées. Francesca Héléna Vegi-Wing, Svensio Akau, François-Édouard Akau, ainsi que le père François Akau et la fille aînée Win Emmalani, sont également mis en examen pour « traite d'êtres humains » et « séquestrations en bande organisée ». Tous cinq ont été placés en détention provisoire le 29 mai 2026.
Appel à témoins
Le procureur a lancé un appel à témoins pour identifier d'éventuelles autres disparitions de militaires ultramarins dans le Var ces dernières années. « Les investigations se poursuivent sous l'autorité du magistrat instructeur afin de déterminer les circonstances précises dans lesquelles ils ont trouvé la mort », a déclaré Raphaël Balland. Les familles des victimes, après des années d'angoisse, espèrent désormais que la justice fera toute la lumière sur cette affaire sordide.



