Le tribunal de Nice a condamné un jeune homme de 18 ans à 18 mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans pour avoir diffusé sur Snapchat une vidéo intime de sa petite amie âgée de 14 ans, accompagnée d'appels à la violence et au meurtre. Le prévenu, déjà connu de la justice pour une agression au couteau sur une ancienne compagne, a reconnu les faits.
Une relation née sur Snapchat
À l'automne 2025, le prévenu rencontre sur Snapchat une adolescente de 14 ans, avec laquelle il entame une relation amoureuse. En février 2026, le collège où étudie la jeune fille signale aux services de police qu'une vidéo circule sur les téléphones des élèves. On y voit la collégienne pratiquer une fellation au mis en cause.
Des appels à la violence et au meurtre
Les enquêteurs découvrent également d'anciennes publications Snapchat du jeune homme, qui, jaloux, pensait que son amie le trompait. Il publie des appels à la violence, invitant quiconque la croiserait à « la piétiner », et propose 300 euros pour lui « arracher la tête ». Il divulgue même l'emploi du temps de l'adolescente, qui, selon son avocate, « vit dans la honte » et « a peur du regard des autres ».
« Je voulais lui faire peur »
Interrogé par les enquêteurs, le prévenu explique avoir « voulu lui faire peur ». Il résume son comportement : « J'insulte, je menace et direct j'efface ». À l'audience, il assure avoir regretté dès sa garde à vue et mentionne un suivi psychologique dans le cadre de son contrôle judiciaire.
Un passé judiciaire inquiétant
L'examen de sa personnalité révèle qu'il a été jugé peu de temps auparavant pour avoir agressé une autre ex-compagne avec un couteau. « Vous comprenez que ça puisse inquiéter un peu votre comportement ? », lui demande la présidente du tribunal, Marion Menot.
« Par amour » : la défense peine à convaincre
L'avocat de la partie civile, Me Kada Sadouni, déclare : « Dans l'une de ses auditions, le prévenu dit avoir agi par amour, alors je n'ose imaginer ce qu'il ferait par haine. » La procureure Céline Hortal ajoute : « Lorsqu'on profite de la vulnérabilité de quelqu'un de cette manière, c'est qu'on a un mauvais fond, qu'on est un peu tordu. » En défense, Me Chirine Bantour appelle le tribunal à tenir compte de l'enfance difficile de son client, marquée par la séparation de ses parents avant sa naissance.
Une condamnation assortie de mesures strictes
Le tribunal condamne le jeune homme à 18 mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans. Il devra suivre des soins, travailler, n'aura plus le droit d'entrer en contact avec la victime et ses comptes sur les réseaux sociaux seront suspendus pendant six mois.



